Quand les médias instrumentalisent les massacres

Les trois événements importants que je vais passer en revue dans la suite de ces chroniques (*)  sur la guerre en Syrie, sont mis en évidence dans les chronologies retraçant la crise syrienne réactualisées à intervalles réguliers par les médias de masse.

Ces chronologies, souvent publiées sous la forme de frises, s’inscrivent dans le droit fil de tout ce que les médias publient depuis le début de la crise en mars 2011, à savoir qu’elles sont organisées et présentées de façon à donner l’impression d’un inexorable mouvement de libération de tout un peuple contre les dérives sanglantes d’un « abominable dictateur ». Elles ramassent ainsi tous les événements en un continuum dont l’aspect paraît très convaincant si l’on n’est pas conscient que le but inavoué des auteurs de ces rappels chronologiques est de susciter l’indignation du lecteur en l’orientant sur une cible prédéterminée.

Comme souvent, les titres de ces chronologies, donnent d’emblée une idée du parti pris de leurs auteurs, et même quand les titres sont plus neutres, le contenu va systématiquement dans le sens de la diabolisation du « régime » :

« Deux ans de guerre sanglante en Syrie » (le Mondei) ;

« Du soulèvement à la guerre, deux ans de crise en Syrie » (l’Expressii) ;

« Syrie, une chronologie pour tout comprendre » (Nouvel Observateur, Rue89iii) ;

« Chronologie de la situation en Syrie » (mediapartiv) ;

« Retour sur la répression féroce en Syrie » (Souria Houria) ;

« Chronologie d’une révolte » (France 24v, 20 minutesvi) ;

« Syrie : dix dates pour comprendre le conflit » (Metronewsvii) ;

« Syrie : chronologie de deux ans de conflit » (Euronews.comviii) ;

« Syrie, chronologie d’une révolte » (Rfi.frix) ;

« 21 mois de révolution syrienne » pour retracer « l’escalade de la violence infligée par Bachar al-Assad à son peuple » (Libérationx).

Ces chronologies ont presque tous été établies et publiées aux alentours du 15 mars 2013, pour marquer le deuxième « anniversaire » de la crise syrienne, et pratiquement aucune ne sera actualisée par la suite au-delà de janvier 2014. L’interruption des chronologies correspond peu ou prou à la période où la situation sur le terrain commence à tourner nettement en faveur de l’armée syrienne, et où les perspectives d’une intervention armée de la « communauté internationale » s’éloignent, suite à l’affaire des armes chimiques du 21 août 2013.  À partir du tournant que constitue le casus belli manqué du 21 août 2013, les médias français battent en retraite comme le gouvernement français bat en retraite, et cela se traduit notamment par l’abandon de ces chronologies spectaculaires qui dessinaient une succession de forfaits du « régime » syrien devant précipiter son renversement inéluctable. L’irruption de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL alias Daech) en Syrie à la mi 2013 et sa conquête d’une partie de l’est du pays, avec sa litanie d’exactions et de destructions, aurait sans doute posé un problème de cohérence aux auteurs de ces rappels, qui auraient été obligés de souligner que les autorités syriennes luttent depuis longtemps déjà contre ce genre de groupes armés, comme on peut le constater encore aujourd’hui, au bout de quatre années de guerre, Bachar el-Assad étant mis, contre toute évidence, exactement sur le même plan que les terroristes wahhabites de l’EIILxi.

En parcourant ces chronologies, on se rend compte qu’elles mettent en évidence un certain nombre d’événements marquants. A savoir :

– début mars 2011, arrestation dans la ville de Deraa d’enfants qui auraient écrit sur un mur des slogans hostiles au régime ;

– 21 mai 2011, affaire Hamza al Khatib, « icône de la révolution » ;

– 21 mai 2012, massacre de Houla ;

– 21 août 2013, affaire des armes chimiques.

La responsabilité de chacun de ces évènements atroces est toujours attribuée au « régime » de Bachar el-Assad.

On se concentrera dans cette série de chroniques sur trois évènements principaux : l’affaire al Khatib, le massacre de Houla, et l’affaire des armes chimiques.

Ces trois affaires marquent chacune le franchissement d’un palier dans l’évolution de la situation sur le terrain et dans l’hostilité affichée des milieux politiques et médiatiques français et internationaux contre le « régime de Bachar el-Assad. Il existe entre elles de nombreux points communs. En voici trois, que l’on retrouve également dans l’affaire des enfants prétendument arrêtés et torturés en mars 2011 à Deraa :

1) l’instrumentalisation d’enfants torturés et/ou morts dans des circonstances révoltantes ;

2) la mise en scène spectaculaire et filmée de cadavres ou d’alignements de cadavres ;

3) une couverture massive des principaux médias, couplée à une accusation systématique du « régime » syrien.

Dans chaque cas, le rouleau compresseur médiatique et politique se charge d’imputer à Assad une exaction horrible – manipulée ou inventée – comme casus belli permettant de justifier aux yeux de l’opinion publique son renversement manu militari.

L’instrumentalisation de cadavres et de charniers est un grand classique de la propagande visant à faire accepter la nécessité de la guerre contre la partie que l’appareil politico-médiatique diabolise. Le lecteur se rendra compte, en entrant dans le détail de ces trois affaires, que ce sont là  des manœuvres d’intoxication de l’opinion publique. Mais, avant d’aborder l’affaire al Khatib du 21 mai 2011, premier évènement marquant  de la crise syrienne, je voudrais faire un court rappel historique de quelques opérations semblables au cours desquelles des cadavres ou des « massacres » ont été instrumentalisés afin de diaboliser un dirigeant ou les autorités d’un pays et justifier leur renversement.

14 octobre 1990 : affaire Nassiriya

Le 14 octobre 1990, une jeune femme koweïtienne, prénommée Nassiriya, relate, devant une commission du Congrès des États-Unis, un épisode atroce dont elle aurait été témoin : alors qu’elle se trouvait en vacances à Koweït City, des soldats irakiens auraient investi la maternité dans laquelle travaillait sa sœur, auraient ouvert les couveuses dans lesquelles se trouvaient les bébés, auraient tiré sur certains et en auraient sortis d’autres pour les laisser périr à même le sol. Elle dresse ensuite un bilan général terrifiant des exactions des soldats irakiens. La jeune femme est en sanglots quand elle raconte tout cela. La séquence filmée de cette jeune infirmière racontant en larmes le sort atroce de ces bébés et du peuple koweïtien, fait le tour du monde et est relayée dans tous les médias de masse comme un symbole de la barbarie du régime irakien et de son dirigeant, le « dictateur sanguinaire » Saddam Husseïn. Cette séquence filmée bouleversante n’entraîna pas à elle seule le déclenchement de la campagne de représailles militaires contre l’Irak, mais elle eut un effet énorme sur l’opinion publique occidentale, qui accepta plus facilement la décision de déclencher une campagne militaire de grande envergure contre l’Irak.

Il fut révélé par la suite que c’était une opération de communication mise en œuvre par l’agence de communication Rendon Groupxii. La jeune femme ne se prénommait par Nassiriya mais al Sabah. C’était la fille de l’ambassadeur du Koweït, Saud Bin Nasir al Sabah. Elle n’avait jamais été témoin d’un tel épisode, qui avait été inventé de toutes pièces afin de susciter dans l’opinion publique une indignation maximale. L’objectif était clairement d’enflammer d’indignation la « communauté internationale » contre Saddam Husseïn et rendre « morale et juste » une intervention contre son « régime ».

22 décembre 1990 : le faux charnier de Timisoara

L’affaire du faux charnier de Timisoara de décembre 1990 est un cas célèbre, bien documenté, et unanimement reconnu aujourd’hui comme une manipulation.

En décembre 1990, la Roumanie de Ceausescu est en ébullition et son régime communiste fait face à une rébellion populaire. Cette rébellion a déjà fait des centaines de morts, du côté des rebelles comme de celui des forces de sécurité. Dans les médias de masse occidentaux, le régime est désigné comme l’unique responsable. L’affaire de Timisoara va faire définitivement basculer l’opinion publique contre Ceausescu et son régime en train de s‘effondrer et précipiter l’exécution du dictateur et de sa femme.

Tout commence le 22 décembre : des agences de presse hongroise, est-allemande et yougoslave, annoncent que vient d’être découvert dans la région de Timisoara un charnier contenant 4630 cadavres de manifestants tués lors d’émeutes quelques jours plus tôt. L’information, relayée par l’AFP, est aussitôt reprise par la totalité des médias de masse : Libération, le Monde, TF1, la Cinq, l’événement du jeudi, etc, avec des éléments de langage propres à susciter une immense émotion dans l’opinion publique.

Les dépêches sont illustrées par des images horribles de cadavres exhumés d’un charnier et alignés de façon spectaculaire, qui tournent en boucle dans les journaux télévisés du monde entier. Des rumeurs incroyables en même temps sont reprises telles quelles : par exemple que Ceausescu, atteint de leucémie, avait besoin d’un appoint perpétuel de sang frais qu’il prélevait sur les cadavres de ses opposants. La Roumanie correspondant à la région de Transylvanie, il n’en fallait pas plus pour qu’on parle, avec le plus grand sérieux, du « Dracula des Carpates ».

L’affaire de Timisoara précipite la chute du « régime » communiste roumain. Ceausescu est emprisonné et exécuté avec sa femme le 25 décembre.

Il fut révélé un mois plus tard, et unanimement admis par la suite, que cette affaire était une manipulation grossière : les corps exhumés ne dépassaient pas la vingtaine. Ce n’étaient pas des cadavres d’opposants, mais des gens du cimetière des pauvres de Timisoara, morts dans des circonstances naturelles qui n’avaient rien à voir avec la crise roumaine. L’unique femme présente dans l’alignement de cadavres était en fait morte de cirrhose et le nourrisson posé sur son ventre n’était pas le sien et était décédé de mort subite. Le bilan de 4630 victimes était complètement fantaisiste.

Au final la révolution roumaine a fait 700 morts, aussi bien du côté des civils que du côté des forces de l’ordre, à comparer avec le bilan de l’attaque étasunienne au Panama qui avait lieu au même moment, et fut totalement ignorée par les grands médias malgré un bilan de 2000 morts.

15 janvier 1999 : le « massacre » de Rachak

Le 15 janvier 1999, 45 cadavres d’Albanais sont découverts dans le village de Rachak, au Kosovo. Ces 45 morts sont immédiatement présentés dans les milieux politiques occidentaux comme les victimes d’une exécution de masse sommaire à l’arme à feu ; ce « massacre » fait l’objet d’un relais médiatique massif avec un même message (synthèse) : « le massacre de Rachak montre enfin le vrai visage du régime de Slobodan Milosevic, les vrais terroristes, ce sont les forces serbes, le temps du dialogue est terminé, la communauté internationale a pour devoir de protéger les civils, Milosevic doit être traité comme on a traité Adolphe Hilter autrefois ». Dans toute la période qui précède la campagne de bombardement de l’OTAN, dont la décision est prise 15 jours plus tard, c’est le seul événement de ce genre qui ait donné lieu à l’accusation de crimes de guerre, et de fait ce « massacre » servira de casus belli contre la Serbie de Milosevic.

Helena Ranta, la responsable de l’équipe d’enquêteurs finlandais chargée de faire la lumière sur cet événement révélera par la suite avoir subi de très intenses pressions pour charger au maximum le régime serbe afin de fournir un casus belli incontournable. Dans un dossier détaillé publié sur le site michelcollon.info le 6 février 2009xiii, Louis Magnin rappelle cette réaction d’un rédacteur du Washington Post d’avril 1999 :

« Rachak a transformé la politique balkanique de l’Occident comme peu d’événements isolés ont pu le faire ».

On sait aujourd’hui que le scénario est le suivant : les 45 corps exhibés aux yeux du monde entier ne sont pas des civils mais des combattants de l’UCK morts au cours de combats contre les Serbes. Louis Magnin conclut : « Les membres de l’UCK revenus dans Rachak ont récupéré dans les ravins et vallons les corps des Albanais tués pendant le combat et les ont rassemblés dans un champ où auparavant il n’y en avait aucun. L’équipe de TV d’AP qui était entrée plus tôt dans le village avec la police a certifié que le champ où on avait empilé les cadavres des victimes soi-disant exécutées était à ce moment vide. Les Albanais ont rhabillé en civils une quarantaine de morts, et ont emmené les autres cadavres en uniforme à Budakovo, où ils les ont probablement enterrés. Le lendemain matin tôt, Walker (William Walker, le chef étasunien de la mission de l’OSCE au Kosovo pendant l’hiver 1998-1999, ndlr) est arrivé sur les lieux pour indiquer comment les corps devaient être disposés de manière à faire croire à un massacre. La mise en place achevée, il a fait venir les équipes de TV et les journalistes. La description détaillée de l’épisode figure dans le livre du reporter Milorad Drecun intitulé “La seconde bataille du Kosovo”, au chapitre “Le mensonge de Rachak”. »

Inculpé de crimes de guerres par la Cour Pénale Internationale, battu à l’élection présidentielle de septembre 2000, arrêté le 1er avril 2001 et livré en juin à la Cour Pénale Internationale, Slobodan Milosevic meurt dans les prisons de la Haye le 11 mars 2006, sans qu’un jugement ait pu être rendu après 5 ans de procédures.

On trouve dans ces trois affaires des caractéristiques similaires aux  trois affaires syriennes que je vais analyser.

Les affaires de Hamza al Khatib, de Houla, et de la Ghouta (armes chimiques), peuvent d’emblée être replacées dans une série qui les rend moins inconcevables. La pratique qui consiste à forger et relayer massivement une fausse version d’un meurtre ou d’un massacre vrai, forgé de toutes pièces, ou qui serait sur le point de se produire, n’a pas été inaugurée pendant la crise syrienne, pour les besoins de la « rébellion » syrienne : elle a été mise en œuvre et a fait ses preuves depuis longtemps. C’est même, tout simplement, la technique reine utilisée depuis des décennies pour justifier le déclenchement de prétendues « guerres de libération démocratique ».

Pour rappeler deux autres exemples frappants très récents, tout le monde sait ce que valait la menace des Armes de Destruction Massive qui devait conduire au renversement de Saddam Husseïn en 2003 et à la destruction subséquente de l’Irak. Beaucoup moins savent que l’information massivement diffusée le 2 mars 2011, qui annonçait que les forces de Kadhafi avaient déjà tué 6000 manifestants, information qui servit de prétexte à une campagne de frappes aériennes décisive prélude à l’assassinat du dirigeant et à la destruction de la Libye, était une information complètement fabriquéexiv.

Relevons un nouvel ensemble de points communs entre ces affaires antérieures et les trois affaires syriennes :

1) Dans tous les cas de figure elles ont été mises en œuvre et/ou instrumentalisées afin de précipiter le renversement d’un « régime » présenté par les hommes politiques comme « dictatorial et sanguinaire ».

2) Dans tous les cas les médias ont couvert ces événements dans le sens de la diabolisation des « régimes » visés, avec le même genre de Unes, les mêmes éditoriaux invoquant les droits de l’homme, le devoir d’intervenir militairement, les mêmes éléments de langage débordant d’indignation, avec la même célérité, dans le même unanimisme.

3) Dans tous les cas ces événements mis en avant ont été dénaturés afin de faire passer la victime pour le coupable, selon le principe de l’inversion accusatoire.

Je voudrais clore cette chronique par une remarque sur l’indignation sélective des médias de masse dans ce genre d’événements, en particulier quand ils concernent des morts d’enfants dans des circonstances atroces. Je prendrai un seul exemple récent. Lors du bombardement de Gaza par l’armée israélienne (opération « bordure de protection »), près de 2000 Palestiniens ont été tués, et des milliers d’autres blessés. Parmi les morts, près de 500 enfants. Concernant ces morts d’enfants, un certain nombre de photographies édifiantes montrant la barbarie des bombardements de l’armée israélienne ; on a certains cas particulièrement choquants où il est évident que ces morts auraient pu être évités. Je songe en particulier à ces 3 enfants déchiquetés par un missile alors qu’ils se trouvaient sur une plage, et ces 10 enfants bombardés alors qu’ils s’étaient réfugiés dans une école de l’ONU.

Il y a plus généralement les enlèvements, l’emprisonnement, et la torture fréquente depuis des décennies d’enfants palestiniens par l’armée israélienne. Les innombrables photos horribles des bombardements et des tortures d’enfants pourraient très facilement être utilisées pour mettre en place une campagne mondiale de diabolisation médiatique du régime israélien et de son armée. Campagne qui pourrait aboutir à des sanctions économiques, éventuellement un embargo, et à une résolution de l’ONU demandant aux dirigeants israéliens de quitter le pouvoir, sous peine de subir une campagne de frappes chirurgicales, prélude à une intervention armée de la « communauté internationale ». Les principaux responsables des massacres, comme Benjamin Netanyahou, seraient arrêtés et transférées à la Haye pour y être jugés par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre. Ces décisions spectaculaires seraient confortées dans l’opinion publique par une campagne médiatique à charge contre les exactions perpétrées par le régime israélien depuis 70 ans contre les populations arabes. Les mots « boucherie », « massacre », « régime criminel et raciste», « génocide », « déportation », « camp de concentration », « méthodes nazies », et « nouvel Hitler », seraient systématiquement employées et répétées en boucle, ici à bon escient, dans les médias de masse. Résultat. La condamnation des « bouchers  infâmes » provoquerait un « changement de régime » qui serait célébré par tous les humanistes tels Bernard Henry Levi, Bernard Kouchner, et Daniel Cohn Bendit comme une victoire des droits de l’homme, de la démocratie, des forces de la liberté, etc. Et pour étayer cette couverture, les médias de masse n’auraient pas besoin de se baser sur des événements manipulés ou montés de toutes pièces, comme dans les trois cas que j’ai brièvement évoqués et les trois autres que je m’apprête à développer longuement. Ils n’auraient qu’à choisir parmi des centaines de massacres avérés.

C’est évidemment de la géopolitique fiction : au lieu de cela, c’est la mort de trois enfants israéliens, dans des circonstances extrêmement troubles qui a constitué le point de départ de l’opération israélienne « bordure de protection ». Au bout d’un mois de bombardements intensifs, les États-Unis ont décidé de réapprovisionner Israël en munitions alors que celui-ci bénéficie déjà d’une aide financière de deux milliards de dollars annuels. La campagne médiatique a été incroyablement molle au regard de ce que l’on pouvait attendre, les réactions au plus haut niveau des États occidentaux comme la France presque inexistantes. Je reviendrai en détail dans une chronique ultérieure sur le rôle majeur mais caché d’Israël dans la guerre contre la Syrie et la désinformation systématique et délibérée de l’opinion publique occidentale à ce sujet.

Cette comparaison permet en tous cas de se rendre compte que les instances médiatiques et politiques usent simplement d’une pratique éprouvée quand elles s’efforcent de nous émouvoir sur des cadavres d’enfants alignés de façon spectaculaire, pour nous inciter à accepter leurs guerres sanglantes et illégales. La mort d’autres enfants dans d’autres circonstances les laissent parfaitement indifférentes. Et qu’importe si les victimes médiatisées ont été l’objet d’un montage quand dans le même temps ceux que l’on passe sous silence sont des victimes réelles dont les auteurs sont parfaitement identifiés. Dans ce genre d’évènements manipulés pour des besoins de propagande, celui qui porte le premier l’accusation est souvent le meurtrier lui-même, ou l’un de ses complices, et au XXIème siècle, les médias de masse sont devenus les complices immanquables de ces manipulations qui ne pourraient obtenir l’effet de propagande escompté sans leur concours. Sur le terrain il y a ceux qui se chargent de l’organisation des massacres et des assassinats, sur les plateaux et dans les rédactions il y a ceux des journalistes le plus en lien avec les renseignements militaires qui prennent le parti des terroristes en passant sous silence leurs crimes pour ensuite l’attribuer  à celui qui, comme le président Assad est désigné comme l’ennemi à abattre par la propagande des diplomaties en jeu.

La prochaine chronique sera consacrée à l’affaire al-Khatib de mai 2011.

A suivre…

François Belliot

  • Article initialement paru sur le site arretsurinfo.ch le 25  mars 2015
  • Toutes ces chroniques sur la guerre en Syrie sont regroupées dans les deux volumes parus aux éditions Sigest en 2015 et 2016, disponibles uniquement sur commande :

Volume 1 : Guerre en Syrie, le mensonge organisé des médias et des politiques français : http://editions.sigest.net/page00010171.html

Volume 2 : Guerre en Syrie, quand médias et politiques instrumentalisent les massacres : http://editions.sigest.net/page00010179.html

Notes

i http://www.lemonde.fr/international/infographie/2012/03/01/chronologie-une-annee-de-repression-en-syrie_1650425_3210.html

ii http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/du-soulevement-a-la-guerre-deux-ans-de-crise-en-syrie_1231143.html

iii http://rue89.nouvelobs.com/2013/09/01/syrie-chronologie-tout-comprendre-245336

iv http://blogs.mediapart.fr/blog/jjmu/080912/chronologie-de-la-situation-en-syrie

v http://www.france24.com/static/infographies/SYRIE_CHRONO/examples/syrie3.html

vi http://www.20minutes.fr/monde/1119043-20130315-20130315-syrie-chronologie-revolte

vii http://www.metronews.fr/info/syrie-dix-dates-pour-comprendre-le-conflit/mmhz!jqJKSDPdr8Afk/

viii http://fr.euronews.com/2013/03/16/syrie-chronologie-de-deux-ans-de-conflit/

ix http://www.rfi.fr/moyen-orient/20120727-syrie-chronologie-une-revolte-populaire-repression-bachar-el-assad-onu-morts-v/

x http://www.liberation.fr/monde/2012/07/27/chronologie-de-la-revolution-syrienne_835520

xi Je renvoie à ma chronique précédente dans laquelle je restitue les éléments de langage vus et entendus lors d’une manifestation organisée à Paris le 14 mars 2015 par une soixantaine d’associations, organisations, et partis politiques. https://arretsurinfo.ch/comment-les-medias-intoxiquent-lopinion-publique-le-cas-de-la-syrie-v/

xii Le Rendon Group est une entreprise de « relations publiques » (euphémisme pour « manipulation des masses »), fondée par l’homme politique étasunien John Rendon en 1981. Cette entreprise offre ses services tant à des états qu’à des multinationales. Rendon Group a ainsi activement participé à forger la légende des armes de destruction massive irakiennes, casus belli pour le renversement de Saddam Husseïn en 2003. Elle a aussi, par exemple, conseillé la firme Monsanto pour la promotion des OGM en Europe. Rendon Group travaille régulièrement depuis 25 ans pour les autorités étasuniennes. Dans une de ses rares interviews (cité par David Axe dans son ouvrage the Shadow Wars), il déclare «En remontant jusqu’à l’affaire de Panama (l’invasion de ce pays en 1989 par l’armée des USA, ndlr), nous avons été impliqués dans toutes les guerres, à l’exception de celle de Somalie. » John Rendon, qui se définit lui-même comme un « guerrier de l’information » n’a jamais été inquiété pour ses activités.

xiii http://www.michelcollon.info/Le-massacre-serbe-de-Racak-n-a.html

xiv Sur cette opération de désinformation encore méconnue, je renvoie à un article de Cédric Rutter publié sur le site michelcollon.info le 22 mars.

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