L’instrumentalisation des lois antiterroristes en France (1/2)

Introduction : Lois anti terroristes votées depuis décembre 2012

Depuis le début des années 2010, précisément à partir de l’affaire Mohamed Merah – abattu par le RAID le 22 mars 2012 – la France s’est dotée de toute une volée de lois visant à prévenir le terrorisme et son apologie. En décembre 2012, est votée une loi qui permet de juger les ressortissants français ayant participé à des infractions terroristes à l’étranger. Cette loi prolonge jusqu’en décembre 2015 la disposition temporaire autorisant la surveillance dans un but préventif des données de connexion (internet, géolocalisation, factures détaillées de téléphone). En avril 2014, pour lutter contre le basculement de centaines d’individus dans l’engagement radical violent, le plus souvent en lien

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Réflexions sur les « actes antisémites » de février 2019

Avant d’analyser la récente succession d’événements qui ont vu la question de l’antisémitisme revenir au tout premier plan médiatique en ce mois de février 2019, à travers toute une série d’actes et « agressions » antisémites montées en épingle, il faut mettre la séquence en perspective en revisitant un certain nombre d’affaires édifiantes qui ont défrayé la chronique ces dernières annés, je veux parler de ce qu’il est convenu d’appeler les « fausses agressions antisémites »i. Comprendre cette nouvelle séquence de février 2019 est fondamental dans la mesure où c’est le prétexte, pour la classe politique et médiatique – ardemment et de près suivis par toutes les organisations juives de France – de stigmatiser les Gilets jaunes par un nouveau – quoique éculé – angle d’attaque, à vocation paralysante. Attention Gilets jaunes ! vous avertit votre grand ami et soutien Bernard Henri Levy le 18 février sur Europe 1 « Cela ne veut pas dire que le mouvement est intrinsèquement antisémite, mais cela veut dire qu’il serait temps qu’ils se manifestent fortement pour dire « pas en notre nom », pas comme ils le font maintenant « oui, d’accord, mais »… Il n’y a pas de mais. ». En soi, une telle mise en garde de la part de ce faussaire intellectuel tout entier dévoué à la cause d’Israël et de ses guerres devrait suffire à reléguer cet enjeu au tout dernier des rangs des préoccupations des Gilets jaunes en particulier, et des Français en général, mais la mise en perspective avec des affaires passées comparables est extraordinairement éclairante.

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Du conflit syrien au conflit français, une couverture médiatique inversée

En mars 2011, éclatait le confit syrien, dans le sillage du Printemps arabe. Comme pour les autres pays précédemment atteints par la vague, la Tunisie, l’Égypte et la Libye, les médias unanimes ont présenté ce conflit comme le soulèvement courageux d’un peuple tentant pacifiquement de secouer le joug d’un régime ignoble dirigé par un abominable dictateur. Ceux qui se montraient dubitatifs et prétendaient faire entendre un autre son de cloche, ont vite été réduits au silence, exclus de tous les débats, traînés dans la boue et traités de tous les noms, en particulier de ceux de « complotistes » et de « conspirationnistes »i.

En novembre 2018, éclatait ce qu’on pourrait appeler, quoique les proportions demeurent incomparables, le « conflit français ». Initié par les « gilets jaunes » il a vite fait tache d’huile dans toute la France. Au-delà du problème du prix du carburant, les gilets jaunes expriment leur défiance envers le système tout entier et semblent même de plus en plus réclamer, osons l’expression, un « changement de régime ».

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