La composition du conseil d’orientation de la Miviludes

Cet article est le complément du « lynchage républicain de Thierry Casasnovas » publié le 13 août 2021. La Miviludes, dont la raison d’être affichée est de traquer les dérives sectaires, et de protéger les honnêtes citoyens de l’influence délétère d’organisations vénales, manipulatrices et sans scrupules, a vu son budget et ses prérogatives renforcés au début de l’année 2021, en resserrant ses liens avec le ministère des finances – pour assécher plus efficacement les ressources des « gourous » –, et le ministère de la justice – pour pouvoir traîner plus facilement ces derniers devant les tribunaux –, et en s’adjoignant les services d’un « conseil d’orientation », chargé de désigner les nids de frelons à détruire. Nous nous sommes intéressés à la Miviludes dans la foulée de notre ouvrage le massacre de Charlie Hebdo, l’enquête impossible, car nous avons eu la surprise de retrouver à la tête de ce conseil d’orientation l’ancien député George Fenech, qui présida la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 (notamment le massacre de Charlie Hebdo du 7 janvier et les attentats du 13 novembre), commission dont le travail peut-être défini comme une opération d’enfumage destinée à garantir l’impunité à certains responsables de ces drames. Le rôle actif de la Miviludes dans l’ignoble lynchage de Thierry Casasnovas, que nous avons détaillé dans l’article précédent, nous a immédiatement semblé cohérent avec cet énième épisode déshonorant pour la « représentation » parlementaire. La curiosité nous est alors venue d’entrer dans le détail de la composition de cette usine à fatwas républicaines qu’est la Miviludes, dont la lutte contre le « complotisme » est désormais l’un des buts affichés, et en vérité nous n’avons pas été déçus. De prime abord une étude sur « la composition du conseil d’orientation de la Miviludes » peut paraître une besogne inutile, rebutante et austère, mais elle s’avère à l’épreuve éminemment instructive et devient même proprement hilarante à mesure que l’on prend conscience du côté « cour des miracles » de ce genre d’ instances républicaines, qui comme la Dilcrah – autre excellent cas d’école –, sont chargées de définir le bien et le mal et de distribuer les auréoles et les sambenitos, en puisant sans scrupule leurs énormes ressources financières directement dans la poche des citoyens manipulés. Bienvenue en République Populaire de France !

Nota bene : pour le portrait de George Fenech, nous renvoyons le lecteur au précédent article sur « le lynchage républicain de Thierry Casasnovas », et aux pages 250 à 254 de Massacre de Charlie Hebdo, l’enquête impossible.

Cynthia Fleury, « philosophe » et « psychanalyste »

Cynthia Gleury, la philosophe baragouineuse

Cynthia Fleury apparaît dans l’organigramme avec l’épithète de « philosophe ». Comme celle de « journaliste », cette qualité, revendiquée par ailleurs par tant d’escrocs intellectuels contemporains comme Bernard-Henri Levy, Raphaël Enthoven, André Glucksman, Michel Onfray, Luc Ferry, etc. est à présent complètement démonétisée en cette ère du mensonge et de la manipulation généralisés. Notre « philosophe » n’est pas une « amoureuse de la sagesse », sens étymologique du terme, mais une propagatrice du mensonge : une « misosophe ». Il nous semble plus que suffisant pour démontrer son imposture de donner à lire le verbatim de deux interventions lors de deux émissions, l’une de radio, l’autre de télévision.

1) Sur France inter, en octobre 2020, elle intervient en tant que spécialiste du complotisme et des théories du complot. Voici ce qu’elle répond à une mère complètement déboussolée par le comportement de sa fille depuis le début du confinement en mars 2020, fille qui refuse de porter le masque, qui dénonce toutes les mesures prises par le gouvernement, semble obsédée par le sujet, refuse d’admettre, malgré les évidences, que cette nouvelle situation est en fait complètement normale et que le gouvernement agit pour le mieux, pour le bien de tous dans le meilleur des mondes :

« Le complotisme, c’est le récit parfait pour ce grand temps d’incertitude, c’est ce qui vient sécuriser par le pire. (…) Il faut comprendre en plus qu’on ne peut pas contre-argumenter. C’est ça en plus qui est terrible, c’est-à-dire que normalement ce λόγος (logos) qui nous permet de restaurer de la confiance, on ne peut plus l’activer, car le complotisme est un délire aussi un récit paranoïaque ; tout signe va venir renforcer la thèse émise, et en fait le complotisme permet de donner à ce qu’on appelle les biais de confirmation un terrain absolu, donc tout ce qui va être dit va être interprété pour consolider la thèse. Donc la seule manière pour Marie d’être en lien avec sa mère, c’est de surtout pas aller sur ce terrain, et tout ce qui revient sur ce terrain… éventuellement de parler de tout autre chose, et de reproduire du lien empathique ailleurs, des objets neutres,ce qui n’est pas simple, parce que vous avez bien compris : dans la thèse complotiste, rien n’est plus neutre, rien n’est plus un objet neutre. » Nous pouvons ici relever l’emploi sous la forme d’inversion accusatoire du « biais de confirmation » pointé par Thierry Casasnovas comme défaut principal des journalistes qui sont venus l’interviouver à une époque, et des « trolls zététiciens » qui traquent chez lui avec acharnement la petite bête pour lui donner aux yeux du grand public les proportions d’un éléphant. Nous pouvons relever aussi la déconnexion de la réponse de toute réalité concrète, l’interprétation psychiatrisante, et l’emploi gratuit comme poudre aux yeux de jargon technique, qui sont autant de signes distinctifs de l’escroquerie anticomplotiste (AC).

2) Le 20 novembre 2020, Cynthia Fleury participe en tant que spécialiste à l’émission « C à Vous » sur France 5 (encore France 5), en compagnie de trois « journalistes ». L’extraordinaire charabia qui suit est une réponse à une question sondant les raisons qui peuvent bien pousser Donald Trump et ses partisans à accuser le camp démocrate d’avoir procédé à des fraudes massives lors de l’élection présidentielle.

La « philosophe » Cynthia explique comment il faut « guérir du ressentiment », mais c’est plutôt elle qui aurait un besoin urgent de partir en cure.

« Il y a un grand invariant du complotisme, même si on ne le dit pas souvent, qui est précisément la pulsion ressentimiste. Le panoptique, entre guillemets, qui est proposé par les réseaux sociaux, c’est-à-dire que tout le monde se voit, c’est très juste, je crois que c’est le MIT qui a parlé d’infodémie, et d’ailleurs l’OMS avait noté qu’il y avait un impact très profond de l’infodémie, notamment c’était facebook qui s’était fait tirer les oreilles si j’ose dire, ça a un impact sur la santé publique, la santé mentale, parce que les réseaux sociaux, nous avons produit des algorithmes qui de toutes façons mettent si vous voulez en valeur les insultes, euh, comment dire, toute une série, par audience, je serais incapable de vous expliquer comment, mais résultat vous avez de toute façon une mise en lumière d’abord du pire, du complot de ce qui est si vous voulez facile à attraper, il faut comprendre que le complot, c’est l’intelligence si vous voulez la plus intuitive, la plus dans les apparences, c’est ce qu’il y a de plus simple à valider. On a tous en nous une idée de Ah bah tiens ça se passe comme ça et donc c’est très simple de venir conforter par un récit, et alors plus il est outrancier, de toutes façons, plus vous allez aller dans le sens de mais bien sûr, vous savez c’est comme le paranoïaque, c’est-à-dire vous avez un effet de tout signe qui va être présenté va venir corroborer la thèse, et c’est pour ça que c’est très compliqué, euh, par l’argument, parce que ce n’est pas une bataille sur la raison, c’est une bataille sur l’émotion et la réassurance, et donc comment à un moment donné vous reproduisez non pas un discours, le discours est défaillant, c’est, c’est, c’est, tous ceux qui sont dans un système complotiste considèrent que de toutes façons le discours est défaillant, donc ils ne peuvent pas être convaincus, puisqu’au moment où vous prenez ne serait-ce que l’idée que vous allez les convaincre, vous êtes le signe-même du complot, donc vous ne pouvez pas aller sur le terrain du rationnel, vous ne pouvez pas aller sur le terrain des arguments, donc vous êtes obligés de passer par un autre terrain qui s’appelle la réassurance, qui s’appelle autre chose, mais sauf que autre chose encore faut-il avoir la possibilité (sourire) de la faire, faut-il qu’en face ils le désirent, donc c’est très (ton insistant) compliqué. Une fois qu’on a pénétré ce champ-là, c’est très compliqué de détricoter tout simplement le, le, voilà, cet, ce tropisme-là. » Les commentaires faits à propos de l’extrait précédent peuvent être répétés à l’identique. Mais amusons-nous un peu en arrosant cette arroseuse qui se targue avec autant d’assurance de pouvoir psychiatriser la « pensée complotiste ». 

Imaginons que Cynthia Fleury soit une schizophrène paranoïde qu’en raison de son discours défaillant l’on a estimé inévitable, pour son propre bien et celui de la société, d’isoler dans un asile psychiatrique. Le médecin responsable de l’unité fait visiter ses malades à quelques étudiants, et après qu’ils ont entendu Cynthia dérouler son délire, voici le commentaire qu’il leur livre : « Ce cas n’est-il pas extraordinaire ?… C’est pour ce genre de patient que nous décidons de nous lancer dans la carrière, que naît un jour la vocation… schizophrénie aigüe avec déconnexion complète de la réalité et négation des interlocuteurs. Notez qu’elle ne répond pas à la question initiale. Et c’est comme ça sur tous les sujets, aussi divers soient-ils, et je vous assure que nous avons essayé, que nous n’avons pas manqué d’imagination. La « réponse » au stimulus est toujours construite sur le même modèle… ça ne manque jamais… Elle est persuadée d’être une « philosophe », bien sûr nous nous gardons bien de l’en détromper, le mal est trop profond… Vous aurez également noté comment elle émaille son discours de termes pseudo philosophiques vides de sens qu’elle emploie à tort et à travers, mais qui la confortent dans sa dysphorie professionnelle. Le discours du sujet est complètement désorganisé, la syntaxe désarticulée, les coqs à l’âne incessants, l’affect inapproprié ou inexistant. Notez aussi les signes physiques : la fixité du regard, ces brusques rigidifications de la mâchoire… Dans son délire, Cynthia est persuadée d’être traquée par ceux qu’elle appelle les « complotistes ». On ne sait pas exactement de qui elle veut parler. Elle n’a jamais été capable de nous l’expliquer clairement, malgré les trésors d’ingéniosité que nous avons déployés. Les hallucinations auditives que nous avons diagnostiquées renforcent malheureusement l’enkystement dans son cerveau malade de sa croyance. Là encore le symptôme est typique. Ces « complotistes », dans ses phases délirantes aigües, elle les entend, ils lui parlent ! Nous avons transcrit certaines de ces hallucinations, mais nous ne sommes malheureusement pas parvenus à identifier ce que nous appelons le « continent de réalité » qui en est à la racine. Tout aussi typique est sa tendance assez systématique à projeter sur ces fantasmés « complotistes » tous les dérèglements mentaux qu’elle manifeste pourtant avec éclat. »

Les trois autres personnes présentes sur le plateau de C à Vous n’ont pas eu la moindre réaction face à la bouffée délirante de la pseudo philosophe Cynthia Fleury. Cynthia Fleury a publié en septembre 2020 aux éditions Gallimard un essai anticomplotiste intitulé Ci-gît l’amer : guérir du ressentiment, qui a bénéficié au moment de sa sortie d’une recension prodigieuse unanimement enthousiaste (Lci.fr, Rfi, Arte, Télérama, Le Temps, Les Echos, Le Nouvel Observateur, l’Orient le Jour, Le Monde, Challenges, la règle du Jeu (revue de BHL), Rtbf, Libération, Le Figaro, France Inter, TV5*2, Elle, actu-philosophia.com, Radio NotreDame, philomag.com, Le Point, Europe 1, Francetvinfo.fr, la dépêche, etc.).

Philippe-Jean Parquet, professeur de psychiatrie

Les 9 critères de Philippe-Jean Parquet pour identifier avec rigueur une emprise sectaire sont un excellent outil pour comprendre l’inquiétante dérive sectaire des autorités françaises depuis mars 2020.

Philippe Jean Parquet a longtemps été professeur en psychologie, psychiatrie et addictologie à l’université de Lille 2 (48 thèses dirigées en rapport avec ces sujets de 1988 à 1994). Il a été élu en février 2003 président de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), la même année où il a reçu les insignes de commandeur de la légion d’honneur des mains de la ministre de la santé Roselyne Bachelot. Il est membre du haut conseil de la santé publique (HCSP), et membre du conseil d’orientation de la Miviludes depuis 2016. Il est également, depuis le 9 juillet 2019, directeur exécutif de GL events, acteur majeur des grands marchés de l’événementiel : congrès et conventions, événements et manifestations (culturels, sportifs, institutionnels, corporate ou politiques), salons et expositions, présent sur 5 continents dans plus de 20 pays, dont le chiffre d’affaires est de 1,2 milliards d’euros. GL events est partenaire des autorités françaises dans la gestion sanitaire depuis mars 2020, prenant « les mesures pour faire face à l’évolution de la situation liée à la propagation du Coronavirus–Covid19 sur la base des recommandations et conseils des autorités sanitaires et gouvernementales compétentes. » Son rôle depuis cette date a notamment été de mettre à disposition la capacité technologique de « communication et de collaboration qui permet à chacun de travailler à distance de manière efficace. » GL events a également été chargé en août 2020 par le Premier ministre d’adapter les dispositifs déjà prévus afin de pouvoir adapter, en application des décisions gouvernementales, les manifestations de moins de « 5000 personnes par jour et par hall », avec la mise en place de toutes les mesures d’accompagnement sanitaires » permettant que « les événements aient lieu dans des conditions de sécurité optimales ». Bref, si certains particuliers et entreprises tirent la langue voire rendent l’âme pendant cette interminable crise sanitaire, d’autres au contraire savent tirer leur épingle du jeu et même faire fructifier leurs activités.

Bon connaisseur de l’emprise mentale et des organisations à caractère sectaire. Sur le site de l’UNADFI on peut lire une fiche de présentation de M. Parquet et de ses compétences qui mérite d’être citée in extenso :

« Le professeur Parquet a établi une grille de critères pour pouvoir caractériser l’emprise mentale. Pour porter le diagnostic, il faut que cinq des neuf critères soient établis. Ces critères sont :

– Rupture imposée avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs, des sociabilités individuelles, familiales et collectives ;

– Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure et acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les suggestions, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs, les doctrines imposées par un tiers ou une institution, ceci conduisant à une délégation générale et permanente à un modèle imposé ;

– Adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne ou à un groupe ou à une institution : ceci conduisant à une loyauté exigeante et complète, une obéissance absolue, une crainte et une acceptation des sanctions, une impossibilité de croire possible de revenir à un mode de vie antérieur ou de choisir des alternatives, étant donné la certitude imposée que le nouveau mode de vie est le seul légitime ;

– Mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution ;

– Sensibilité accrue dans le temps aux idées, aux concepts, aux prescriptions, aux injonctions et ordres à un « corpus doctrinal » avec éventuellement mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte ;

– Dépossession des compétences d’une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique ;

– Altération de la liberté de choix ;

– Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l’environnement avec impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement ;

– Induction et réalisation d’actes gravement préjudiciables à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et au mode de vie habituellement admis dans notre société.

Ces 9 critères doivent permettre d’identifier avec rigueur l’emprise sectaire et « de ne pas imputer à tort un changement d’attitude et de comportement, qui pourrait avoir d’autres origines comme une pathologie mentale, un trouble de la personnalité ou la réaction à une perturbation survenue dans la vie d’une personne. »

Pour Philippe-Jean Parquet, il est essentiel que le grand public ait les « moyens d’identifier les manœuvres de ces organisations et de ces groupes lorsqu’ils les contactent ».

J’invite le lecteur a lire deux fois cette liste de neuf critères, puis de fermer les yeux en se repassant mentalement tout ce qui lui a été proposé et imposé par les autorités françaises depuis mars 2020, pour finalement s’émerveiller de la pertinence de l’assimilation de la République à une secte coupable sur presque tous les points d’emprise mentale à l’échelle de la population française dans sa totalité.

Patrick Bouet, président du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM)

Les mots nous manquent pour exprimer notre admiration envers cette synthèse des valeurs de la République. Allez, ce sera « Bravo champion ! »

Né en 1955, médecin généraliste, petit-fils d’un homme déporté et mort à Auschwitz, nommé conseiller départemental de l’ordre des médecins en 1995, secrétaire général adjoint du Conseil National de l’Ordre des Médecins en 2005, il accède en 2013 à la présidence du CNOM , poste qu’il occupe encore à l’été 2021. Si toute personne qui exprime sa méfiance envers les tout nouveaux vaccins « garantis à 95 % », « l’essayer c’est l’adopter », « se protéger soi-même pour protéger les autres », est aujourd’hui caricaturé d’« antivax » au front bas dans les médias, Patrick Bouet peut en retour être qualifié d’inconditionnel « provax » en toutes circonstances. En 2017, il était un fervent promoteur du vaccin « onze en un » obligatoire pour les moins de deux ans, et de l’obligation du vaccin antigrippal annuel pour tous les praticiens, sous peine de sanctions sévères. C’est ainsi que s’il s’est déclaré hostile à tout traitement existant contre le coronavirus dès avril 2020, en particulier contre celui à base d’hydroxychloroquine et d’azithromycine testé avec succès par le professeur Raoult, et officiellement recommandée, dès avril 2020, pour des milliards de personnes dans le monde, il a tout de suite été un chaud bouillant partisan des nouveaux vaccins, dès que les premiers prospectus publicitaires ont été déposés dans sa boîte aux lettres. Plus généralement, il s’est signalé depuis de la crise sanitaire par son alignement total sur les mesures prises par les autorités, en particulier le confinement généralisé de la population à partir du mois d’avril 2020. En janvier 2021, il a fortement incité tous les médecins à se faire vacciner et à le faire savoir pour rassurer les patients méfiants face à la campagne promotionnelle qui ressemblait à s’y méprendre, par la grossièreté des slogans, à celle d’aspirateurs ou de barils de lessives. Le 5 mars, il a présenté cette démarche comme « un devoir moral pour protéger les patients », et, début juillet 2021, il a salué la très probable mesure visant à rendre obligatoire la vaccination chez les soignants.

Mais l’homme ne se paie pas seulement de mots. C’est ainsi que le 26 avril 2020, le CNOM a menacé de suspension « plusieurs praticiens qui prescrivent à leurs praticiens touchés par le covid des traitements non validés scientifiquement », visant notamment sans le nommer le professeur Raoult qui a aussitôt réagi en déclarant qu’il ne se sentait pas concerné par cette menace. En septembre 2020, les médecins de la SPILF saisissent le conseil départemental de l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, « pour diffusion de fausses informations auprès du public, graves manquements au devoir de confraternité, et essais cliniques dont la légalité est à démontrer ». En retour, le professeur Raoult dépose le 19 novembre une plainte contre le président du CDOM des Bouches-du-Rhône. Passant à la vitesse supérieure, en décembre 2020, le CNOM dépose plainte contre six médecins dont les professeur Christian Perronne et le professeur Didier Raoult pour infraction à neuf articles du code de déontologie médicale, dont la réalisation d’essais cliniques en dehors du cadre légal, les manquements au devoir de confraternité et la diffusion de fausses informations auprès du public. En réaction, lassé de ces attaques continuelles et de gravité croissante, le professeur Raoult dépose plainte à son tour contre le président du CNOM Patrick Bouet, pour harcèlement. Il faut bien comprendre que la non reconnaissance de l’existence d’un quelconque traitement contre le coronavirus constitue la justification sine qua non d’une campagne de vaccinale nationale : sinon pas de base légale pour piquer en masse à l’aveugle. Bref, Patrick Bouet est une personnalité complètement alignée sur la politique sectaire et de plus en plus coercitive des autorités. Il fait partie du triumvirat, qui selon le professeur Raoult, est le principal responsable du désastre de la gestion de la crise sanitaire, avec Dominique Martin, directeur de l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament (ANSM) et Franck Chauvin, président du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).

Le CNOM avait défrayé la chronique en décembre 2019, à l’occasion de la publication d’un rapport de la cour des comptes accablant la gestion de cet organisme les huit années précédentes, les six dernières couvrant la mandature de Patrick Bouet. Les griefs énumérés sont si nombreux et variés qu’on doit dans le cadre de cet exposé se contenter d’une vue parcellaire : « La Cour avait effectué un premier contrôle de l’ordre en 2011, qui l’avait conduite à formuler plusieurs recommandations. À l’exception de la tenue du tableau, peu nombreux sont les progrès réalisés par l’ordre des médecins depuis lors. La gravité et la fréquence des dysfonctionnements relevés tant dans la gestion de l’ordre que dans l’exercice des missions essentielles que la loi lui confère, ou encore les manquements nombreux en matière de déontologie et de probité de ses représentants tant au niveau national que territorial, sont de nature à mettre au contraire en cause la confiance des médecins et des citoyens à son égard. (…) L’ordre doit se tourner résolument vers la défense de l’intérêt des patients. Il apparaît à cet égard nécessaire d’élargir la gouvernance de l’ordre, en l’ouvrant à des personnalités extérieures au monde médical, notamment à des représentants de patients. » De très nombreux passages pointent en particulier la très mauvaise gestion financière du budget annuel du CNOM, de 85 millions d’euros grâce à la cotisation ordinale obligatoire de 335 euros des 300 000 médecins généralistes. Extraits : 

1) « En 2017, les indemnités (10 M€) et les frais (4,1 M€) représentaient 17 % du budget annuel réalisé de l’ordre dans son ensemble. Dans le budget du Conseil national, les dépenses de communication et les indemnisations et frais des élus ont représenté plus du quart des dépenses réalisées en 2017. »

2) « Au CNOM, les 16 membres du bureau ont perçu un total d’un million d’euros d’indemnités en 2017 »

3) « Le nombre élevé des dysfonctionnements, relevés dans un nombre significatif des conseils territoriaux contrôlés, conduit à dresser un constat préoccupant du fonctionnement et de la gestion de l’ordre ainsi que de l’exercice des missions qui lui sont confiées par la loi. Est ainsi mise en évidence une mauvaise gestion des cotisations ordinales des médecins. »

4) « Les conflits de gouvernance au sein des conseils ne sont pas rares (Gironde, Rhône, Bas-Rhin, Bouches-du-Rhône, La Réunion) et nuisent à l’image de l’ordre des médecins. Ils peuvent dans certains cas conduire à des contentieux entre dirigeants d’un même conseil, entraînant des frais d’avocats souvent financés par les cotisations ordinales : 14 530 € pour le Rhône en 2018, plus de 36 000 € pour les Bouches-du-Rhône en 2017 et 2018. »

5) « En dépit de la fermeté affichée publiquement par le Conseil national, les constatations faites par la Cour huit ans plus tard montrent que ce contrôle, qui vise à prévenir les conflits d’intérêts [médecins-industrie pharmaceutique], est encore lacunaire. »

Il ne s’agit que d’un échantillon, et puisqu’il en a été question plus haut, il est amusant – ou consternant – de constater que le conseil régional le plus véreux de France, loin devant les autres, est celui des Bouches-du Rhône, à l’origine de la première plainte contre le professeur Raoult. On a vu l’exemple des frais d’avocats payés avec les cotisations des médecins. Voici d’autres exemples de gestion peu propres à inspirer la confiance :

1) « Le coût des différends interpersonnels et des dysfonctionnements divers (dix interventions d’huissiers, deux changements de serrures, des agents de sécurité, un système de surveillance et des frais d’affranchissement inutiles notamment) s’est élevé à plus de 80 000 € en 2017-2018 financés sur les cotisations des médecins. »

2) « L’ancien président du conseil départemental du Rhône a bénéficié pendant plusieurs années d’un double remboursement de ses frais d’hôtel, par le Conseil national d’une part, par le conseil départemental du Rhône d’autre part. Sur la période 2011-2013, il a ainsi perçu indûment plus de 26 000 €, qu’il a remboursés au conseil départemental en avril 2018. En octobre 2018, la chambre disciplinaire de Bretagne, saisie par le Conseil national (dans le cadre d’un dépaysement), l’a condamné, alors qu’il avait pris sa retraite, à deux années d’interdiction temporaire d’exercer la médecine, dont une avec sursis. Ces doubles remboursements frauduleux remontaient en réalité à 2007 et la Cour estime, sur la base des documents fournis par le Conseil national et le conseil départemental, que c’est un total de 40 000 € qui lui a été indûment versé. (…) Le conseil départemental du Rhône qui a, quant à lui, laissé perdurer ces agissements, affiche dans une lettre aux élus ordinaux de mars 2018 une « confiance totale » au Dr R. et en appelle à la confraternité élémentaire en estimant que « nul ne peut s’attribuer le monopole de l’éthique ou de la déontologie ». »

3) « les indemnités servies pour une même mission varient du simple au quintuple selon les conseils : ainsi les indemnités d’assemblée plénière sont de 56 € dans les Hauts-de-Seine, 136 € dans le Nord, 207 € dans le Rhône. Elles étaient de 320 € dans l’ancien conseil régional d’Alsace. »

4) « Au plan local, les conseils départementaux contrôlés ne réalisent ni inventaire physique de leurs actifs mobiliers, ni suivi des biens mis à la disposition du personnel ou des élus, comme en témoigne l’absence de restitution de tablettes par d’anciens élus ayant quitté le conseil départemental des Bouches-du-Rhône. »

5) « Dans les Bouches-du-Rhône, les avis défavorables sont également très rares et le contrôle des conventions incombe, non à la salariée du service, mais à deux élus dont l’un a pu se trouver juge et partie allant jusqu’à valider des dossiers le concernant. »

6) « Outre le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, qui exerce ses missions 555 avenue du Prado dans la villa « Nadar » (note : La restauration de cette villa a été particulièrement coûteuse en raison du classement d’une partie du bâtiment comme « monument remarquable ». Le coût des travaux a aussi été majoré par l’utilisation de marbre, de mobilier de prix (pour plus de 120 000 €) et par le comblement de la piscine de la villa. De plus, au fond du jardin, des locaux sont laissés à l’abandon. Le conseil régional de l’ordre de PACA (trois salariées) a acheté en 2012, sur les hauteurs de Marseille, une villa avec vue dégagée de 318 m² avec un jardin et une piscine pour 1.700 000 € et y a engagé des travaux d’aménagements pour près de 1 150 000 €. »

Dans sa réponse contenue dans le rapport, la nouvelle présidente du CDOM des Bouches-du-Rhône, élue le 29 avril 2019, ne conteste aucune de ces accusations, et assure que tout va rentrer dans l’ordre. Si elle le dit !

On est loin des 36 euros de commission prélevés sur les extracteurs de jus vendus par Thierry Casasnovas jusqu’en 2018 ! Et pour boucler la boucle, il est savoureux d’examiner la teneur des arguments employés par Patrick Bouet dans sa réponse fleuve publiée dans le rapport de la cour des comptes. Si l’on commence par la lire avant le corps du rapport qui accable la gestion du CNOM et des CDOM, on pourrait facilement croire que le pauvre homme est victime d’une machination. Poignée d’extraits suivis du commentaire qui s’impose dans le contexte de cet article.

1) « le rapport public n’hésite pas à donner une importance démesurée, éventuellement par un encadré, à des situations que l’Ordre ne peut que déplorer, mais de caractère purement fortuit et accidentel, sans que l’on voit l’intérêt réel d’une telle focalisation. »

C’est exactement ce que reproche Casasnovas à ses détracteurs qui choisissent quelques cas individuels négatifs et douteux pour mettre de côté les milliers d’autres positifs, sauf que les cas cités par la cour des comptes semblent beaucoup plus graves, circonstanciés, et incontestables.

2) « Sur des sujets de cette importance, pour mettre en cause, il faudrait des éléments de preuve autrement plus probants que ceux qui sont allégués dans le rapport. En ce sens l’affirmation, dans un titre (page [99]) « qu’une majorité de plaintes ne sont pas transmises » est totalement abusive, car amalgamant plaintes, simples demandes d’information, signalements, ou plaintes non transmises parce qu’ayant donné lieu à conciliation. »

C’est exactement ce que dénonce Casasnovas avec l’amalgame qui est fait entre les « signalements » et les « plaintes » ou les « saisines », sauf que les démêlés judiciaires et plaintes sont ici tout ce qu’il y a de plus réels et circonstanciés dans de nombreux cas.

3) « le rapport définitif reproduit quasiment mot pour mot le rapport provisoire, ce qui démontre que la Cour n’a tenu aucun compte des réponses, pourtant dument argumentées et justifiées, faites à ses observations. Elle maintient ses remarques partiales, faisant d’exemples peu étayés des généralités, jetant ainsi l’opprobre sur l’ensemble de la juridiction ordinale. »

Comme on l’a vu, les exemples – il n’agit que d’un très mince échantillon – sont au contraire étayés, et Patrick Bouet formule encore exactement le même type de reproche que ceux que Casasnovas fait à la Miviludes et aux « journalistes ».

4) « La réponse que l’Ordre est amené à apporter au rapport public de la Cour démontre que le contrôle qui a été conduit ne peut être regardé comme l’ayant été tel qu’il aurait dû l’être, c’est-à-dire sur la base d’échanges sincèrement contradictoires et sans a priori avec les Instances de l’Ordre. »

Vous engageriez-vous, M. Bouet, à recommander à vos collègues de la Miviludes, qu’au lieu de servir de caution à d’ignobles lynchages médiatiques à 100 contre un, à faire en sorte que les victimes immolées par vos soins sur la place publique puissent se justifier de même « sur la base d’échanges sincèrement contradictoires et sans a priori » ?

Francis Auzeville, président du Centre Contre les Maladies Mentales Roger Ikor (CCMM)

Si le « roi des rats » est le père spirituel de la Miviludes, les référents intellectuels du CCMM sont « Clément l’extracteur » et Rudy Reichstadt, étoile montante de la secte néoconservatrice.

Ancien lieutenant-colonel de gendarmerie, Francis Auzeville a été nommé président du Centre Contre les Maladies Mentales Roger Ikor (CCMM) le 6 décembre 2020, après avoir été celui de la région Languedoc Roussillon pendant toute la décennie précédente. Le CCMM est une association qui a été fondée en 1981 par Roger Ikor, « lauréat du prix Goncourt 1955 dont le fils s’est suicidé en 1979 sous l’emprise d’une secte », nous est-il expliqué sur la page « historique » du site, page sur laquelle on apprend que l’association fut présidée par le député PS Alain Vivien de 1997 à 1998, qui prit ensuite la tête de la de la Miviludes – cette précision pour illustrer la proximité entre les deux organismes. Ailleurs on peut lire : « L’association CCMM a pour but de participer à la protection de la Liberté de l’Homme : Elle s’oppose à toute action, collective ou individuelle, qui tend, par quelque moyen que ce soit, à pénétrer, domestiquer ou asservir les esprits, notamment ceux des jeunes. À cette fin, elle mène une action d’information, d’éducation et de mise en garde du public fondée sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Convention Internationale des droits de l’enfant et en référence aux valeurs républicaines, au principe de laïcité en particulier ».

Derrière ces nobles intentions affichées, une rapide exploration de sa page d’actualités permet de se rendre compte d’une évidente instrumentalisation à des fins de propagande, autrement dit de manipulation de l’opinion publique à des fins d’emprise mentale. L’entrée du mot-clé « complotisme » fait apparaître tout un chapelet d’articles typiques de la frauduleuse rhétorique anticomplotiste, qui n’est rien d’autre que la diabolisation, en attendant la criminalisation, de la libre pensée. On y trouve par exemple : une violente charge contre France soir – le seul média avons-nous vu qui a permis à Thierry Casasnovas de s’expliquer publiquement sur l’horrible et impunie manipulation ourdie contre lui par la chaîne France 5. Du grand classique AC ! ; un article du principal escroc de la nébuleuse anticomplotiste, Rudy Reichstadt, le directeur de Conspiracy watch proche des milieux néoconservateurs pro-israéliens financé par le Mémorial de la choa ; une grande interview complaisante et publicitaire du même Rudy dans l’Express un articledénonçant les idées « complotistes » suscitées par la crise sanitaire, comme une épidémie dans l’épidémie extraite du site du CRIF, et dont Rudy Reichsatdt est la principale personne ressource… et je m’arrête là dans la recension car la caricature est trop grossière et je me rends compte qu’à quelques détails près, ces actualités sont toutes copiées dans l’ordre du site de Rudy Reichstadt Conspiracy Watch…

L’entrée de « Thierry Casasnovas » dans le moteur de recherche du site est tout aussi accablante, et des plus instructives pour l’exposé que nous déroulons, dont le point de départ est ce personnage et le lynchage républicain dont il est la cible depuis février 2021. Le premier article relayé, signé « made in Perpignan », patronyme plus répandu qu’on ne le croit, est une récapitulation et une caricature de tous les éléments frauduleux et diabolisateurs relevés : les 500 signalements à la Miviludes, sa présentation comme « charlatan voire de dangereux manipulateur par les plus critiques », aux motivations purement vénales : il s’agit en effet d’un « homme d’affaires – qui approche les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ». L’enquête dont il serait la cible est évidemment relayée en ne laissant aucun doute sur son issue ; le cas de l’enfant diabétique qui aurait frôlé la mort à cause de lui, rapporté dans futurascience (toujours la même source au 50ème article) est bien évidemment convoqué pour compléter le cacatov ; ses rapprochements récents avec Dieudonné et Alain Soral (autrement dit avec l’objectif non avoué de commettre une nouvelle shoah) ne sont évidemment pas oubliés ; originalité, alors que la personne ressource de la Miviludes est le « roi des rats », ici il s’agit du fameux « extracteur », Clément, le petit prof de SVT dont Casanovas a détaillé de façon irréfutable l’édifiant et rebutant CV dans la deuxième vidéo de sa série en vérité, « l’extracteur » dont l’auteur anonyme de l’article cite cinq fois longuement l’opinion pour étayer le flot de calomnies. Sur la page « Casasnovas » on relève également parmi les articles recensés, les deux articles diffamatoires du « journaliste » par Thibaut Schepman sur le site rue89 publiés fin 2014, Thibaud Schepman qui participera quatre ans plus tard à l’épisode de « la Fabrique du mensonge » réalisée par Benjamin Teil pour France 5.

Peut-être l’association CCMM a-t-elle été fondée avec de nobles intentions, et sans doute lui arrive-t-il à l’occasion d’épingler à juste titre tel ou tel pernicieux mouvement sectaire, mais l’exploration de ces deux seules pages d’ « actualités » que des employés de l’asso ont jugé utile de relayer en son nom pour alerter l’opinion publique suffit à la discréditer complètement pour intégrer en la personne de son président le conseil d’orientation de quelque chose comme la Miviludes, même si, d’un autre point de vue, une cohérence commence indéniablement à se dessiner au sein de cette équipe !

Eric Delemar, défenseur des enfants

Eric Delemar, « défenseur des enfants », adjoint a la defenseure des droits, a fait de tranchantes déclarations en faveur des droits des enfants depuis sa nomination, mais tiendra-t-il dans la durée? Il faut l’espérer…

Pour le premier coup de pinceau de ce portrait, commençons par citer un extrait d’un article de la gazette des communes : « Né en 1969 dans une famille ouvrière à Fougères, près de Rennes, Eric Delemar est très tôt témoin des effets dévastateurs de ce qui va devenir la mondialisation. Dans les années 80, ses parents vivent les licenciements massifs qui accompagnent la fin de l’industrie textile en France. « Mon père était délégué syndical et conseiller prudhommal. J’ai vu passer à la maison des ouvriers assaillis de doutes et de peurs », se souvient-il. A cette époque, où le rôle paternel est encore très central dans la famille, voir ces pères fragilisés est encore plus déstabilisant. » Eric Delemar est tout nouveau tout beau dans le monde sans pitié des responsabilités républicaines. A l’origine éducateur spécialisé, il était depuis 2010 directeur au centre de l’enfance Henri Fréville de Chantepie, en Ille-et-Vilaine, quand on est venu le trouver pour le nommer « défenseur des enfants », en novembre 2020, adjoint de la « défenseure des droits » Claire Hédon, elle-même nommée à ce poste cinq mois plus tôt en remplacement de Jacques Toubon. Nous avons positivement évoqué ce vrai serviteur de l’État en août 2019 dans notre article, « l’instrumentalisation des lois antiterroristes (2/2) : les Gilets jaunes ». Jacques Toubon a en effet eu le courage de dénoncer la féroce répression des Gilets jaunes dans son rapport annuel de février 2019, ce qui lui a valu, comme il est de rigueur en Ripoublique, un lynchage médiatique républicain. Lors du passage de témoin Claire Hédon lui a rendu un hommage appuyé.

Il est trop tôt pour juger de quel bois est fait Eric Delemar et les raisons qui l’ont poussé à aller dans la galère du conseil d’orientation de la Miviludes : c’est « in extremis » qu’il a été nommé au poste de défenseur des enfants, juste avant la journée internationale de l’enfant, juste après la parution du rapport annuel de sa prédécesseure Geneviève Avenard. C’est toujours flanqué de sa supérieure Claire Hédon qu’il s’est jusqu’à présent exprimé face à des représentations parlementaires. Il faudra attendre novembre 2021 et le prochain rapport pour voir s’il est devenu rhinocéros ou s’il est resté lui-même. N’insultons pas l’avenir en citant quelques prises de position récentes à mettre à son crédit.

19 novembre 2020 (audition en compagnie de Claire Hédon devant la commission d’enquête parlementaire pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse) : « Madame la présidente, Madame la rapporteure, Mesdames et Messieurs les députés, j’ai vécu sur le terrain le confinement, le déconfinement, les vacances d’été, la reprise de l’école et le second confinement, un confinement partiel. Pendant cette période, les enfants ont tous été, sans exception, plus objets que sujets de droit. La raison en tient à une volonté excessive de protection de la part des adultes, parfois à un manque de temps, le plus souvent à leur anxiété. Pendant le premier confinement, les enfants les plus vulnérables ont vécu une augmentation des violences intrafamiliales, l’éloignement de la scolarité, la fermeture des cantines scolaires qui leur offrent dans bien des cas le seul repas équilibré de la journée, et le manque de continuité des services de l’aide sociale à l’enfance, notamment dans l’accès aux soins. Le déconfinement s’est montré plus préjudiciable aux enfants qui jouissent d’un environnement familial favorable, et qui ont plutôt bien vécu le confinement. Sur la foi des promesses des adultes, ils ont d’abord cru qu’ils reprendraient la pratique des activités sportives et culturelles. Il n’en a rien été. Durant la période estivale, un nombre d’enfants plus élevé qu’à l’accoutumée ne sont pas partis en vacances. La rentrée scolaire a fait de nouveau naître l’espoir de reprendre les activités habituelles. Partiel, avec le maintien des enseignements, le nouveau confinement laisse encore planer des doutes sur la manière dont les enfants le vivent dans leur for intérieur. Non sans raison peut-être, la protection de la santé des adultes a primé les considérations relatives aux enfants. »

2 avril 2021 : « Il a beau être écrit noir sur blanc dans l’article 12 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) que le droit de l’enfant à participer aux décisions le concernant reste un principe, celui-ci n’est pas toujours appliqué [NDA : c’est également le cas pour les adultes]. Ce constat n’est pas nouveau puisque le Défenseur des droits l’avait déjà dressé l’année dernière, mais avec la situation liée à la Covid-19, le gouffre entre le droit écrit et son accès sur le terrain s’est encore accentué. Ainsi, les nombreuses remontées de terrain qui ne cessent de nous arriver depuis le début du premier confinement montrent un recul important de cette parole. À l’heure où les discours sur l’enfant sont très en vogue, la fermeture de l’institution scolaire et l’arrêt des activités sportives, de la culture, des actions de prévention dans les classes ont supprimé ces espaces essentiels dont les enfants se servent habituellement pour s’exprimer. Or, il est prouvé que les conséquences d’une privation de ce droit accroissent leur mal-être. Et on ne peut qu’en constater les dégâts aujourd’hui. De nombreux psychiatres et psychologues font remonter une hausse de 30 % des consultations médico-psychologiques avec des délais de 18 à 24 mois pour un premier rendez-vous. Pire, faute de pouvoir mettre des mots sur leurs maux, des adolescents et étudiants passent à l’acte. »

Ces déclarations en faveur des enfants, et dénonçant à mots couverts leur instrumentalisation pendant la crise sanitaire, sont à mettre à l’honneur d’Eric Delemar, et nous attendons avec impatience la parution du rapport du défenseur des enfants de 2020 dans lequel, avec le recul nécessaire, nous espérons il n’aura pas perdu son courage, et dénoncera de façon encore plus circonstanciée les atteintes aux droits des enfants depuis mars 2020, avec le port du masque obligatoire, le confinement généralisé, et bientôt la grande campagne de piquage généralisé, destiné à faire républicainement bondir le taux de vaccination de 50 à 75 %. Puisse-t-il se révéler un authentique « défenseur des enfants ».

Joséphine Lindgren-Cesbron, présidente de l’UNADFI

Pour orienter sa traque, l’UNADFI nourrit une foi sans faille pour les productions frauduleuses de la secte médiatique

D’origine suédoise, Joséphine Lindgren-Cesbron a été nommée présidente de l’UNADFI le 13 mars 2019, en remplacement de l’ancienne députée Catherine Picard, qui occupait le poste depuis 15 ans. Avocate au barreau de Montpellier, diplômée en droit dans le domaine « emprise sectaire et processus de vulnérabilité » de l’université de Montpellier, elle était présidente de l’ADFI Montpellier-Languedoc depuis 2017, où elle militait bénévolement depuis 2010. Comme tous ses frères et cousins du conseil d’orientation de la Miviludes elle a été récemment horrifiée par la tendance de nombre de nos compatriotes à céder aux sirènes des sectes qui ont multiplié les adeptes par l’intermédiaire d’internet, profitant à plein du confinement forcé et des immenses plages de solitude avec l’écran d’ordinateur pour seul compagnon. Elle dit avoir été saisi par le nombre de familles qui l’ont contactée pendant cette période pour leur témoigner de leur désemparement face à l’attitude de proches happés par les théories conspirationnistes sur la Covid-19, la vaccination et d’autres sujets. Aucun chiffre n’est donné sur ces appels au secours mais nous avons tous connu dans notre entourage proche ou lointain, comme au temps de l’occupation, l’irrésistible tendance de certains petits soldats à pratiquer zélément la délation de leurs proches et voisins aux autorités compétentes. Dans le domaine de la santé en particulier, saisis d’une inexplicable méfiance d’une partie de la population envers ces Bayart et Jeanne d’Arc des temps post modernes que sont les Jérôme Salomon, Olivier Véran, Martin Hirsch, Jean-François Delfraissy, Karine Lacombe, Martin Blachier ou Patrick Cohen – et plus généralement la totalité de la corporation politique et médiatique –, de nombreux Français à l’esprit affaibli ont été séduits par les informations alternatives de charlatans sans diplôme comme les professeurs Jean-François Toussaint, Didier Raoult, ou Christian Perronne, et bien sûr, nous ne l’oublions pas, l’influent youtubeur Thierry Casasnovas avec sa chaîne aux 550 000 abonnés. Comme ses oncles et tantes du ministère de l’Intérieur, Joséphine Cesbron s’est inquiétée de la pénétration du mouvement QAnon en France, qui fut un vecteur de désinformation particulièrement pernicieux fin 2019, lors de la dernière élection présidentielle étasunienne, que tentèrent jusqu’au dernier moment de voler les trumpistes, dénonçant démagogiquement et en l’absence de tout fondement flagrant un complot du camp démocrate pour voler l’élection à n’importe quel prix. Nous rappelons que c’est l’UNADFI qui est l’instance qui a déposé cette mystérieuse plainte contre Thierry Casasnovas exhibée aussitôt, avant même son issue, comme la preuve manifeste de l’urgence à régler au plus vite son compte, à 100 contre un et en n’hésitant pas à jouer sale, à ce nauséabond et dangereux charlatan sans diplôme, développant son business juteux en profitant en gourou de la faiblesse mentale des citoyens français, républicainement promis à la vaccination sous l’égide de véritables organisations philanthropiques comme Pfizer, Moderna, Astra Zeneca, et Johnson & Johnson. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le mari de la président de l’UNADFI, Jean-Baptiste Cesbron a eu un rôle très actif dans le dépôt d’une nouvelle plainte, en juin 2021 pour « abus de faiblesse », « escroquerie », « exercice illégal de la médecine et de la pharmacie » et « mise en danger délibéré d’autrui », plainte qui serait le fruit de nombreuses remontées de personnes ayant contacté l’UNADFI. Mettons un petit billet sur le fait que parmi ceux-ci se trouvent de nombreux délateurs font partie de la bande d’aficionados du si sérieux et crédible « roi des rats », qui gonflent régulièrement la cagnotte à signalements de la Miviludes depuis 3 ans. Nous pouvons faire sur le site internet de l’UNADFI le même éclairant commentaire que celui que nous avons fait sur celui du CCMM de Francis Auzeville : y figurent en bonne place, dans le chapitre « Domaines d’infiltration », tout un sous chapitre intitulé « internet et théories du complot ». Quand on clique dessus, on tombe tout simplement sur la reprise exhaustive, sans aucune nuance ni réserve, de toute production anticomplotiste de ces dernières années martelée sur tous les tons dans les médias mainstream : Libération, Le Monde, France 5, sont considérées comme des sources fiables, au dessus de tout soupçon, susceptibles de servir sans arrière-pensée de piliers de soutènement à l’amalgame de plus en plus fréquent entre les « théories du complot » et les « dérives sectaires ». L’entrée du mot-clé « Thierry Casasnovas » donne des résultats encore plus accablants que sur le site du CCMM : toute personne qui crache et insulte Thierry Casanovas avec la rhétorique diabolisatrice dont nous avons recensé les traits typiques et invariables dans la première partie y sont mis à l’honneur comme d’indiscutables autorités. L’inénarrable « Clément l’extracteur » démasqué par Thierry Casasnovas dans le second volet de sa série « en vérité » semble, à juger par le nombre de reprises de ses analyses, une sorte de conseiller spécial de l’UNADFI, comme le « rois des rats » est celui de la Miviludes. Encore plus accablant, dans les ressources de ce sous-chapitre, on tombe assez vite sur une page renvoyant à l’ignominieuse émission de la Fabrique du Mensonge réalisée pour France 5 par Benjamin Teil, avec le témoignage trafiqué de Constance obtenu par pression psychologique, abus de faiblesse et perversion intellectuelle. A nos yeux cet unique détail suffit à jeter le discrédit sur l’UNADFI. Ses salariés doivent bien tomber de temps à autre sur une authentique dérive sectaire, débusquer et poursuivre de véritables escrocs, mais dans le tas combien de Casanovas et autres « complotistes » persécutés au nom de nobles principes ? si Joséphine Cesbron n’est pas responsable de cette évidente dérive et dévoiement de l’institution qu’elle préside, il est peu contestable que l’UNADFI, au minimum, a été bien infiltrée par une mouvance sectaire prête à tout pour étendre son influence sur tous les corps et toutes les âmes des Français continuellement soumis depuis mars 2020 à une pression psychologique inouïe dans notre histoire.

Gérald Brönner, sociologue anticomplotiste

Gerald Brönner, berger allemand anticomplotise de première classe

A elle-seule, l’intégration de Gérald Brönner dans le conseil d’orientation de la Miviludes suffit à accréditer la volonté d’intégrer à terme ce qu’il est convenu d’appeler le « complotisme » et le « conspirationnisme » dans les dérives sectaires. En près d’une décennie, Gérald Brönner s’est peu à peu imposé dans le monde médiatique, politique et universitaire comme l’intellectuel de référence des petits soldats de la milice anticomplotiste dont la présence a fini par devenir obsédante ces dernières années à la télévision, à la radio, dans les quotidiens, les revues et les magazines, les colloques, les discours de politique générale des futurs élus de la République, les panneaux publicitaires, les consignes de l’Éducation nationale, et plus récemment mais dans des proportions jusqu’alors inconnues, la propagande vaccinophile des autorités françaises (médias+politique+géants du net). Il suit de peu Pierre-André Taguieff parmi les personnalités les plus fréquemment citées dans les brûlots anticomplotistes auxquelles ils sont censés servir de caution intellectuelle, pour ponctuer les mensonges, insultes et diffamations. Il s’est notamment rendu indispensable dans le milieu AC, à partir de 2013, avec son essai La démocratie des crédules dans lequel il met à disposition des escrocs AC tout une batterie d’arguments nouveaux et subtils, destinés à faire monter en gamme le discours AC dont l’extrême indigence et grossièreté commençait sans doute à devenir un peu contreproductive. Aussi subtil soit notre faussaire intellectuel, il se trahit par un trait universel du style AC : le sage refus d’entrer dans le détail des théories qu’il a reçu la mission de combattre aux côtés de ses frères et cousins bateleurs, ou alors de privilégier pour les démolir les arguments ou les zones d’ombre les plus fragiles, en passant sous silence toutes les autres. Cette répulsion pour le détail qui gêne se comprend facilement dès lors qu’on a compris que l’objectif des acteurs anticomplotistes est de dégoûter a priori la curiosité du vulgaire en présentant les dites « théories du complot » sous le pire visage imaginable. Lesdites théories concernant les événements les plus sérieux s’enracinant dans la probité et le souci d’exactitude (attentats du 11 septembre 2001, assassinat de JFK, Printemps arabes, génocide rwandais, etc., enfin sous nos yeux, l’effroyable pandémie et son vaccin gratuit et miraculeux), l’escamotage de tout détail gênant dans le traitement de ce genre d’affaires est évidemment une condition sine qua non de tout discours dont le dessein cardinal est d’en conforter les versions officielles. Dans le rapport du ministère de l’Intérieur dont nous avons cités des extraits au début de cet exposé, nous avons pu lire : « bien que le complotisme ne puisse être considéré comme une dérive sectaire – dans son acceptation juridique, il s’appuie sur la diffusion d’informations falsifiées et une interprétation erronée d’événements. ». C’est pour cette raison qu’une instance AC de haut niveau a été intégré au conseil d’orientation de la Miviludes, pour bien montrer que la lutte contre les dérives sectaires et les théories du complot sont en fait un seul et même combat : les acteurs AC, qui n’avaient que le discours pour défendre les nids d’aigle républicains, espèrent ainsi s’approcher de ce Graal dont ils n’osent pas encore parler trop ouvertement : la criminalisation des personnalités jugées « complotistes » par leurs maîtres, « complotistes » qui ne sont rien d’autre, en fait, que des « chercheurs », « enquêteurs », « historiens », « lanceurs d’alerte », souvent universitaires ; courageux et exemplaires dans leur démarche résistante. On devine également la volonté de psychiatriser ces sortes de gens. C’est en effet une autre martingale des acteurs AC que d’expliquer le fonctionnement de ceux qu’ils désignent comme des adversaires du genre humain à la lumière de travers psychologiques, de failles biographiques, de motivations inconscientes et malsaines. Dans ce domaine, chaque escroc anticomplotiste à sa propre recette.

J’ai si souvent croisé la prose de Gérald Brönner depuis 5 ans qu’il attire mon attention de suiveur méticuleux de la propagande anticomplotiste que j’en ai oublié de faire les présentations de rigueur : né en 1969, Gérald Brönner est professeur de sociologie à l’université de Paris Diderot depuis 2012, et chercheur au laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain. Il a été élu à l’académie de technologie en décembre 2014. à l’académie nationale de médecine en septembre 2017. En 2016, il a travaillé au Centre de Prévention, d’Insertion et de citoyenneté (CPIC) de Pontourny, plus connu sous le nom de « centre de déradicalisation ». Outre ces innombrables responsabilités, auxquelles s’ajoute donc cette nouvelle au conseil d’orientation de la Miviludes, notre intellectuel a reçu de très nombreux prix pour ses œuvres dont il serait fastidieux et inutile d’énumérer la liste : même bardé de diplômes, d’honneurs, et de breloques, un chien de garde du système reste un chien de garde du système et ne mérite finalement pas d’autre périphrase. Nous lui concéderions quand même celle de « berger allemand de garde de première classe », pour le distinguer de ternes bâtards comme Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France ou de brouillons roquets comme Frédéric Haziza et Caroline Fourest. Gérald Brönner est par ailleurs très proche de Rudy Reichstadt, le fondateur de Conspiracy Watch, avec lequel il collabore depuis des années, Conspiracy Watch dont il est membre du « conseil scientifique ».

Axel Kahn, président de la ligue cancer (et décédé)

Tout ce qui brille n’est pas or, et sous les ors la pègre

Eu égard à son récent décès, le 6 juillet 2021, j’ai hésité à ajouter le tableau d’Axel Kahn à cette galerie des impostures qu’est grosso modo le conseil d’orientation de la Miviludes. Une première recherche sommaire m’a fait immanquablement d’abord tomber sur le concert d’hommages qui a accompagné sa disparition, et la composition de la chorale de pleureuses hagiographes permet vite de se rendre compte que si la Miviludes, en tant qu’organe d’inquisition sans scrupules, a subi une perte considérable, M. Casasnovas et tant d’autres promis à l’exhibition infamante dans la charrette républicaine, comme le professeur Didier Raoult ou le professeur Jean-François Toussaint, sous les insultes décomplexées, les mâchoires serrées et les regards assassins de la foule bovine, ont dû adresser une prière au bon Dieu pour les avoir délivré d’un adversaire aussi implacable que redoutable. Au premier rang des orants éplorés ont a pu notamment voir se presser : l’éborgneur de Gilets jaunes Christophe Castaner, le disciple du Lancet Olivier Véran, l’allié des islamistes en Syrie et au Yémen François Hollande, le maître d’œuvre non élu du pass sanitaire Jean Castex, l’écervelée relanceuse de la nouvelle Miviludes Marlène Schiappa, le grand avocat de la dette publique pour les générations futures Bruno Lemaire, la prostituée du judaïsme politique Manuel Valls… J’arrête là la description du hideux embouteillage. Le lexique, les hyperboles, et les tournures employées dans les tweets courtisans imposés donnent le sentiment que la France a perdu l’un des plus grands hommes de son histoire.

Il faut bien reconnaître que le CV de feu Axel Kahn à de quoi impressionner ceux pour qui les bardés de diplômes et de breloques républicaines accumulés tout au long de la vie dans les hauts plateaux de la République sont un gage de crédibilité. Né en 1944 d’un père juif alsacien, il raconte avoir d’abord été tenté par le catholicisme avant de radicalement s’orienter dans son adolescence vers les idéologies qui en sont l’antithèse : le judaïsme et le communisme militants. Diplômé docteur en médecine spécialisé en hématologie en 1974, il devient chargé de recherche à l’Inserm en 1976 dans l’équipe de Jean-Claude Dreyfus, INSERM où il fera toute sa carrière, devenant directeur de recherche de classe exceptionnelle en 1993. Dans les années 1990 il s’oriente vers la thérapie génique et devient un fervent partisan de l’utilisation des OGM en agriculture. De 1992 à 2004, il officie en tant que membre du comité de consultation nationale d’éthique. Président de l’université Paris Descartes de 2007 à 2011, parmi d’autres activités annexes il est nommé en mars 2008 membre de la commission présidée par Simone Veil pour la révision du préambule de la constitution française de 1958. De 2019 à 2021, il a été président de la ligue nationale contre le cancer, et j’arrête là une liste qu’on pourrait aisément étirer sur cinq pages. La liste de ses breloques tout de même : chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 1995, officier de l’ordre du mérite agricole en 1998, officier de la légion d’honneur en 2004, commandeur de l’ordre national du mérite en 2008. : on imagine une pochette de veston singulièrement déformée. Diagnostiqué d’un cancer avec des atteintes osseuses en avril 2020, puis d’un cancer généralisé incurable en avril 2021, il décède donc à l’âge de 76 ans le 6 juillet 2021. A n’en pas douter, si M. Kahn avait vécu plus longtemps, il aurait été un poids lourd du conseil d’orientation de la Miviludes dans sa traque aux « dérapeutes » du net comme Thierry Casasnovas qui ont lâchement profité de la pandémie et des salutaires mesures de confinement prolongé et répété pour étendre leur influence sur les cervelles les plus fragiles et les moins portées à témoigner leur gratitude envers les autorités pour leur gestion de la crise sanitaire.

Venons à la partie de son existence qui nous intéresse, à savoir ses positions sur la nouvelle Peste noire qui a failli emporter la moitié de la population mondiale en mars 2020, et dont la menace – à l’instar du terrorisme islamiste et du réchauffement climatique – semble devoir demeurer, si l’on suit les pronostics les plus optimistes, au moins jusqu’en 2120. Pendant les 18 derniers mois de son passage sur Terre, Axel Kahn, quoique très affaibli par la maladie, a été omniprésent dans tous les médias pour, dans un premier temps, y prononcer parmi les réquisitoires les moins empreints de concessions contre le traitement testé par le professeur Didier Raoult à base d’hydroxychloroquine à l’IHU de Marseille, puis l’un des promoteurs les plus fanatiques du vaccin miracle destiné à sauver temporairement d’un coup l’ensemble de l’humanité. A mesure qu’il s’approchait de la mort, son ton s’est fait fait de plus en plus haineux et accusateur contre ceux qui osaient penser qu’une autre gestion de la crise était possible. A l’instar du président Mitterrand lors du referendum du traité de Maastricht en 1991, il a mis tout son poids de grand cancéreux en phase terminale dans la balance pour convaincre l’opinion du bien fondé des mesures les plus radicales du gouvernement, dont le seul tort à ses yeux était de ne pas aller assez vite et assez fort dans la direction du grand reset et du monde d’après. Il semble bien que le 12 juillet 2021, six jours après sa mort, Axel Kahn ait finalement été entendu.

Avec le professeur Raoult il avait commencé tout doux :

20 mai 2020, face à Patrick Cohen dans C à vous : « Moi je n’ai rien contre mon collègue le professeur Raoult, il a été professeur d’université comme moi, j’ai présidé une commission de l’Inserm qui jugeait de sa carrière et de son parcours, en 1984, donc je le connais depuis très longtemps, c’est un très très grand chercheur et je n’ai aucune hostilité contre Didier Raoult » Il s’oppose toutefois ensuite à son protocole de soins sans donner aucun détail sur rien. « Un petit reproche que je fais à Didier Raoult, je répète, hein, je crois que c’est un très grand scientifique… c’est qu’on n’a pas la même vision de ce qu’est l’éthique dans le domaine de la pratique médicale »

Un mois plus tard éclate le scandale de l’étude truquée du Lancet qui a abouti à l’interdiction immédiate de l’hydroxychloroquine par le ministre de la santé Olivier Véran. Condamnant cette fraude sans précédent dans l’histoire de la littérature médicale, il lui trouve toutes sortes d’excuses et confirme avec fermeté, et force mensonges, la totale inefficacité du traitement de l’IHU de Marseille, voire pointant son caractère « néfaste ».

septembre 2020, changement radical de ton, sur facebook. Nous insérons en gras des commentaires entre crochets

« Mes contemporains sont sans doute normalement intelligents [quand même. Pourtant, l’évidence leur reste souvent invisible. Sur les réseaux sociaux, en tout cas [lui-même est en train de s’exprimer sur les réseaux sociaux : ce qu’il ne supporte pas, c’est que son point de vue n’y soit pas hégémonique comme quand il intervient tout seul face à des Patrick Cohen ou des Léa Salamé en transe communautaire]. On lit – et des scientifiques jadis sérieux le reprennent à leur compte – que la Covid a changé, qu’elle est devenue moins grave, bénigne [ce constat est parfaitement exact : chacun se souvient que s’il pouvait au moins comptabiliser au moins un mort en mars avril 2020 parmi les vieillards de son entourage très élargi, ce taux s’est effondré à partir de mai 2020 pour ne plus jamais remonter au même niveau]. Foutaises ! Pour moi, l’IHU a été le premier – dont acte – à honnêtement donner la preuve de l’inefficacité du traitement qu’il utilisait [mensonge éhonté]. C’est uniquement parce que je suis un scientifique posé et non un polémiste [mensonge éhonté] que je ne suis pas plus sévère avec Didier Raoult. Si on me poussait dans mes retranchements, je rappellerais que ce collègue a fait honte à la médecine de son pays [changement de ton complet par rapport à mai]. Disposant de 120 millions d’argent public par an pour diriger l’un des 6 IHU français, il a manqué aux plus élémentaires de ses devoirs [appel voilé à le virer ou à lui couper les vivres. Au moment où nous publions ces lignes, nous apprenons que le contrat du professeur Raoult à l’IHU de Marseille n’a pas été renouvelé : le lobbying d’Axel Kahn semble donc avoir porté ses fruits. Argument avancé : l’homme été rattrapé par l’âge limite de la retraite, 69 ans à la date du 31 août 2021, et aucune déroagation n’est envisageable. A titre de comparaison, Axel Kahn a été nommé au conseil ‘orientation de la Miviludes à l’âge de 75 ans et alors qu’il était très gravement malade d’un cancer]. Préconisant pour la Covid l’emploi d’un produit qu’il a proposé (sans succès) depuis des décennies contre différentes maladies infectieuses (Whipple, Sida, etc..), il ne l’a pas soumis à un essai contrôlé qu’il avait les moyens et le devoir de monter et mener [peut-être vrai au début, mais pourquoi alors manifester par la suite un enthousiasme fanatique et menaçant en faveur des vaccins ? Pour lesquels le protocole de tests habituel a été outrageusement violé ?]. Observant tôt l’absence d’effet significatif de son protocole [mensonge éhonté], il s’est entêté, a publié des résultats contestés et contestables dans des revues scientifiques dominées par les siens [inversion accusatoire, ce sont toutes les études concluant à l’inefficacité de l’HCQ qui ont été publiées par des groupes ayant des liens d’intérêt avec des labos promouvant d’autres traitements comme le remdesivir]a remplacé la communication scientifique exigeante par des publications grand public sur YouTube [inversion accusatoire, c’est lui qui a remplacé la communication scientifique par une campagne grand public dans tous les médias privés ou subventionnés] soudant une invraisemblable communauté hétéroclite mais à prédominance de droite, d’extrême droite et complotiste de centaines de milliers de personnes, millions dans le monde [ces éléments de langage non étayés constituent la signature du collabo qui faute d’arguments est réduit à diaboliser les messagers]. Il a inspiré dans le monde les politiques sanitaires de Donald Trump et Bolsonaro, conduisant les États-Unis et le Brésil à des désastres. »

Comme quoi l’on peut avoir été un scientifique de renommée internationale et, à l’approche de la mort, finir en dernier des vendus et propagandiste de troisième zone. Tout ce qui brille n’est pas or, dit le proverbe.

Des pages et des pages de cette rhétorique haineuse et malhonnête pourraient être citées, contre Raoult et contre d’autres. Le cas d’Axel Kahn me semble assez extraordinaire pour mériter d’allonger encore le portrait. Juste avant sa mort, il ne trouve rien de mieux à faire, en mode Mitterrand cancéreux, de se livrer à une violente charge contre les Raoult et consorts et les « complotistes » :

Dans cette troisième diatribe du 14 novembre 2020, Axel Kahn tombe définitivement le masque du scientifique pour revêtir celui du polémiste. Nous surlignons certains éléments de langage.

« Je crois comprendre pourquoi la France est la plus touchée par la déferlante du complotisme et de l’appétence exclusive pour les « vérités alternatives ». Notre nation, fière de sa grande Révolution française, est fille du Progrès et de son optimisme. Il irrigue la République adoratrice de la raison, est la colonne vertébrale des courants socialistes du XIXème siècle, du marxisme et du communisme au XXème mais aussi du libéralisme saint-simonien et du capitalisme industriel. L’optimisme du progrès est enseigné à l’école, il charpente « Le Tour de France par deux enfants », prend une dimension mystique avec le positivisme comtien auquel adhèrent Pasteur, Claude Bernard, peu ou prou Jean Rostand. Le programme du CNR en est baigné. Or, le bonheur n’a pas été au rendez-vous, son objectif était implicite dans le progressisme. Beaucoup de citoyens, amoureux éperdus du Progrès mais trompés et déçus, ont alors transformé leur passion en rage et agressivité envers l’amant infidèle. L’opprobre a touché tous les pouvoirs et puissances, ceux de la politique, bien entendu, mais aussi de la « science officielle ». En effet, a-t-on sans doute pensé, ils détenaient les rênes et ont conduit l’attelage vers cette situation qui frustre tant. Puisque le Progrès et la science ont déçu, porte ouverte au n’importe quoi. La raison n’a pas conduit au bonheur. Bienvenue à la déraison. Partout les gouvernements et présidents, de gauche comme de droite, ont été balayés par les votes ou l’émeute. En France, le phénomène s’est vêtu d’un gilet jaune en 2018, puis d’une passion à l’occasion de la pandémie pour tout ce qui semblait être alternatif, Raoult, Perronne, Toussaint, Toubiana, Wonner et autres dont le point commun était de s’écarter des positions découlant des données objectives. À cela, nous ne pouvions pas grand chose, beaucoup d’entre nous ont milité pour la justice et la bienveillance, sans résultat notable. »

Je terminerai ce portrait en citant un extrait de l’un de ces dithyrambes, étonnamment précoces, en faveur du vaccin, qui contrastent singulièrement avec les brutales stigmatisations précédentes : 

29 décembre 2020 :

Axel Kahn, le VRP de Big Pharma

« Je suis très heureux de l’extraordinaire performance que l’on a pu mettre en œuvre avec cette nouvelle technologie des vaccins ARN qui sont remarquablement efficaces, une des efficacités qui pour les vaccins est historique pratiquement, puisque 94 à 97 % d’efficacité, c’est exceptionnel. Il y a maintenant près de 5 millions de personnes qui sont vaccinées. Il y a vraiment un minimum d’effets secondaires. Il y a moins de une allergie pour 100 000 vaccinations, c’est-à-dire beaucoup moins que pour les allergies sévères naturelles dans la population générale qui est de l’ordre de un pour mille. » Il explique ensuite que le gouvernement a eu tort de vouloir procéder par petits pas dans sa campagne vaccinale : il aurait fallu, selon lui, y aller de façon beaucoup plus rapide et brutale, les atermoiements dans ce genre de situation pouvant être perçus, par les masses, comme de la faiblesse, de la timidité et un manque de confiance en soi ; la vaccination des soignants devenait évidemment par ailleurs une priorité. Il met également tout son poids et celui de la ligue contre le cancer qu’il préside dans la balance pour faire la réclame du vaccin : « La ligue est enthousiaste pour que notre population qui est menacée puisse bénéficier de cette avance importante qu’est le vaccin. »

Avant de terminer par une série de données récentes qui apportent un démenti édifiant à ses promesses, nous conclurons le cas d’Axel Kahn en une phrase : il confirme la corrélation que l’on peut établir presque à tout coup, dans le régime républicain, entre la nocivité et l’infamie d’un individu et le niveau de flagornerie auquel peuvent descendre les louanges à son endroit quand il rejoint enfin son créateur.

Voici une poignée de liens vers des articles et bases de données s’étalant d’avril à juillet 2021 établissant de façon assez nette que les vaccins, et non pas « le » vaccin, peuvent provoquer des effets secondaires graves et variés, pouvant dans bien des cas mener à la mort ou des infirmités incurables :

– 2 avril 2021, CTIAP, Centre hospitalier de Cholet : « Vaccins contre la Covid-19 : des incertitudes même sur la qualité intrinsèque des produits, sur leurs procédés de fabrication, sur les lots commercialisés… selon les documents officiels publiés par l’Agence européenne du médicament (EMA) » : https://ctiapchcholet.

– 30 avril 2021 : « The novel coronavirus’ spike protein plays additional key role in illness » :https://www.salk.

– 10 mai 2021: « 57 scientifiques et médecins demandent l’arrêt immédiat de toutes les « vaccinations » Covid-19 »:https://

– 23 mai 2021 : « Depuis qu’on vaccine (anticovid), la mortalité moyenne quotidienne a augmenté dans 13 pays sur 14 » : https://

– 24 mai 2021, Mohamed Tahiri :« Le nombre de femmes qui perdent leur enfant après avoir reçu le vaccin Covid augmente de 2000% en seulement quatorze semaines ».https://

– 29 mai 2021 : « Étude Pfizer: 79% d’enfants de plus de 12 ans vaccinés ont développé des effets indésirables » :https://

– 15 juin 2021: « REMPLACER LES MORTS : les entreprises prévoient déjà re remplacer les salariés « vaccinés » qui mourront probablement d’ici à quelques années », Ethan Huff: https://qactus.fr/2021/

– 27 juin 2021, Emma Kahn : « Pire que la maladie, les conséquences involontaires des injections anti-COVID »https://www.

– 6 juillet 2021: « Les décès et blessures liés aux vaccins anti-COVID sont secrètement dissimulés », Joseph Mercola:https://

– 8 juillet 2021, « 17,503 DEAD, 1.7 Million Injured (50% SERIOUS) Reported in European Union’s Database of Adverse Drug Reactions for COVID-19 Shots »: https://

– 9 juillet 2021 : « VAERS COVID Vaccine Data , (Vaccine Adverse Events Reporting System, USA) »:https://www.openvaers.
– 11 juillet 2021 : « Au moins 28737 morts suite à la vaccination Covid-19 (maj) »:

https://cv19.fr/2021/07/11/au-

– 6 août 2021: « Dangerosité des vaccins: le sociologue Laurent Mucchielli censuré par Mediapart »: https://www.egaliteetreconciliation.fr/Dangerosite-des-vaccins-le-sociologue-Laurent-Mucchielli-censure-par-Mediapart-65077.html

Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychothérapeute familiale

Marie-France Hirigoyen

Née en 1949, psychiatre et psychothérapeute familiale, Marie-France Hirigoyen a connu une renommée mondiale en 1998 avec la publication du Harcèlement moral. Dans cet ouvrage, dont elle a vendu 450 000 exemplaires, traduits dans près de 26 langues, elle brosse le portrait des « pervers narcissiques » qui dans le cadre de la famille, des entreprises ou des États, pratiquent sans scrupule au quotidien la terreur psychologique, par le mensonge, la manipulation, l’inversion accusatoire, la violence verbale et psychologique. Spécialiste en gestion du stress en entreprise, elle a publié par la suite Malaise au travail, harcèlement moral, démêler le vrai du faux en 2001, Abus de faiblesse et autres manipulations en 2012, enfin en 2019 les Narcisse, ouvrage où elle décortique la personnalité perverse narcissique de certains dirigeants actuels. Très impliquée dans ces problématiques, qui constituent sans doute l’un des plus grands enjeux de la santé mentale collective au XXIème siècle, elle est membre de l’International Association on Workplace Bullying and Harassment (IAWBH), et a organisé en 2018 le 11ème congrès annuel sur le harcèlement moral au travail. Pour avoir pris le temps de lire Marie-France Hirigoyen, nous devons reconnaître que sa célébrité, contrairement à tant d’autres plumes, n’est pas imméritée et nous recommandons volontiers la lecture de ses ouvrages – même si, à la différence de tant de « complotistes » tirant le diable par la queue et pourtant accusés de business véreux, sa fortune est faite. Son premier en particulier, Le harcèlement moral, livre un ensemble de clés fondamental pour comprendre le fonctionnement et la direction qu’est en train de prendre le monde occidental post moderne. La question qui se pose maintenant, dérangeante au possible, est : qu’est ce qu’une telle personnalité est venue faire dans une structure dont la fonction est précisément de harceler toute une catégorie de citoyens, en recourant de manière systématique et grossière à toute la panoplie de procédés cruels qu’elle a si magnifiquement exposés pendant toute sa carrière. C’est un peu en pensant à Mme Hirigoyen que j’ai décidé d’investir autant de temps et d’énergie dans ce long exposé du Lynchage républicain de Thierry Casasnovas, complété par le décorticage de la composition du conseil d’orientation de la Miviludes. Mme Hirigoyen est-elle consciente de la galère dans laquelle elle s’est laissé embarquer ? Sait-elle que par son nom et sa réputation elle sert de caution à une opération de harcèlement à grande échelle ? A-t-elle eu la curiosité d’étudier certains des profils du conseil d’orientation de la Miviludes, qui correspondent à merveille pour certains à ceux des pervers dont elle explique le fonctionnement dans ses ouvrages ? Acceptera-t-elle d’y demeurer, quand elle se sera rendue compte que le traitement que l’on fait subir à M. Casasnovas depuis 2019 – et sans doute à bien d’autres ! –, constitue un cas d’école de harcèlement ? La sonde est lancée…

Nous souhaiterions, pour l’édification du lecteur, retranscrire une poignée de citations de son premier ouvrage en les assortissant chacune d’un bref commentaire indiquant à quel point la grille d’analyse qu’elle propose, à l’exemple de celle de Philippe-Jean Parquet, est pertinente pour comprendre le cauchemar éveillé dans lequel une secte de pervers narcissiques nous ont plongés depuis mars 2020.

« L’emprise, c’est la domination intellectuelle ou morale dans une relation de domination. Le pouvoir entraîne l’autre à suivre par la dépendance, c’est-à-dire acquiescement et adhésion. Cela comporte évidemment des menaces voilées ou des intimidations. Il s’agit d’affaiblir pour mieux faire passer ses idées. Faire accepter quelque chose par la contrainte, c’est accepter qu’on ne reconnaît pas l’autre comme un égal. L’emprise peut aller jusqu’à la captation de l’esprit de l’autre, comme dans un véritable lavage de cerveau. Parmi les événements susceptibles d’entraîner des phénomènes de dissociation de la personnalité, mention est faite, dans la classification internationale des maladies mentales, des sujets qui ont été soumis à des manœuvres prolongées de persuasion coercitive telles que le lavage de cerveau, redressement coercitif, endoctrinement en captivité. » (p.113)

N’est-ce pas là une belle synthèse du jeu du chat de la souris pervers dont les peuples sont victimes depuis mars 2020. L’adhésion massive au saint vaccin aurait été inimaginable à cette époque, mais entre temps les cerveaux ont été, palier après palier, « affaiblis », « lavés », « endoctrinés ».

« Se soustraire au dialogue est une façon habile d’aggraver le conflit, tout en l’imputant à l’autre. Le droit d’être entendu est refusé à la victime. Sa version des faits n’intéresse pas le pervers, qui refuse de l’écouter. Le refus du dialogue est une façon de dire, sans l’exprimer directement avec des mots, que l’autre ne vous intéresse pas ou même qu’il n’existe pas. Avec n’importe quel autre interlocuteur, si on ne comprend pas on peut poser des questions. Avec le pervers le discours est tortueux, sans explication, et conduit à une aliénation mutuelle. » (p.118)

Cet extrait décrit à merveille le traitement réservé à Thierry Casasnovas en particulier, et aux si mal nommés « complotistes » en général.

« Un autre procédé verbal habituel des pervers est d’utiliser un langage technique, abstrait dogmatique, pour entraîner l’autre dans des considérations auxquelles il ne comprend rien, et pour lesquelles il n’ose demander des explications de peur de passer pour un imbécile. » (p.121)

Nous invitons Mme Hirigoyen à analyser lors des réunions du conseil d’orientation de la Miviludes le discours de Cynthia Fleury et de Gérald Brönner, et plus généralement de toute la littérature anticomplotiste, dont c’est un trait immuable.

« Le mensonge chez les pervers narcissiques ne devient direct que lors de la phase de destruction, comme nous pourrons le voir dans le chapitre suivant. C’est alors un mensonge au mépris de toute évidence. C’est surtout et avant tout un mensonge convaincu qui convainc l’autre. Quelle que soit l’énormité du mensonge, le pervers s’y accroche et finit par convaincre l’autre. Vérité ou mensonge, cela importe peu pour les pervers : ce qui est vrai est ce qu’ils disent dans l’instant. Ces falsifications de la vérité sont proches d’une construction délirante. »(p.124)

Pour ce qui nous concerne, l’entrée dans « la phase de destruction » pourra être précisément datée au 12 juillet 2021 et au discours d’Emmanuel Macron.

« Résister à l’emprise c’est s’exposer à la haine. A ce stade, l’autre qui n’existait que comme un objet utile, devient un objet dangereux dont il faut se débarrasser par n’importe quel moyen. La stratégie perverse se dévoile au grand jour. » (p.139)

Tel est le destin de plus en plus clairement promis aux si mal nommés « antivax » et autres « conspirationnistes » de tout poil.

« Corrompre est le but suprême. Il n’a pas de plus grande satisfaction que lorsqu’il entraîne sa cible à devenir destructrice à son tour, ou qu’il amène plusieurs individus à s’entre tuer. »(p.147)

Telle est la métamorphose mentale et inconsciente en train de s’opérer chez tous ceux qui ont accepté sans réfléchir de faire piquer au nom de « Notre Père Vaccin qui est dans les labos, dont le règne doit venir, etc. »

« La mise en place de l’emprise rend les victimes confuses : elles n’osent ou ne savent pas se plaindre. Elles sont comme anesthésiées, se plaignent d’avoir la tête vide et des difficultés à penser, elles décrivent un véritable appauvrissement, un anéantissement partiel de leurs facultés, une amputation de ce qu’elles avaient de vivant et de spontané. » (p.184)

C’est l’affligeant phénomène que l’on constate au bout de 10 secondes de « discussion » avec un piquousé vaccinophile et complotistophobe.

« il suffit d’un ou de plusieurs individus pervers dans un groupe, dans une entreprise, ou dans un gouvernement, pour que le système tout entier devienne pervers. Si cette perversion n’est pas dénoncée, elle se répand de façon souterraine par l’intimidation, la peur, la manipulation. En effet, pour ligoter psychologiquement quelqu’un, il suffit de l’entraîner dans des mensonges ou des compromissions qui le rendront complices du processus pervers. C’est la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes totalitaires. Que ce soit dans les familles, les entreprises, ou les États, les pervers narcissiques s’arrangent pour porter au crédit des autres les désastres qu’ils déclenchent, afin de se poser en sauveurs et de prendre ainsi le pouvoir. Il leur suffit ensuite de ne pas s’embarrasser de scrupules pour s’y maintenir. L’histoire nous a montré de ces hommes qui refusent de reconnaître leurs erreurs, n’assument pas leurs responsabilités, manient la falsification et manipulent la réalité afin de gommer les traces de leurs méfaits. »(p.234)

On ne saurait trop méditer la ressemblance de ce tableau à la situation que nous sommes en train de vivre, dans presque tous les pays d’Europe. Un tel système ne peut qu’entraîner toute la société et la civilisation à sa ruine complète et définitive, et il devient urgent d’employer toutes nos forces à le changer.

Bilan

S’il l’on excepte une ou deux personnalités comme Eric Delemar ou Marie-France Hirigoyen, la composition du conseil d’orientations de la Miviludes est finalement très cohérente : il s’agit d’un ramassis de pseudo experts, d’individus corrompus, de charlatans, d’agent d’influence en tous genres qui encore une fois, ont été placés dans un organisme public dont les nobles ambitions affichées – la lutte contre les dérives sectaires, la protection de la santé mentale de la population manipulée par des gourous comme Thierry Casasnovas – sont en fait aux antipodes de ses objectifs réels, qui sont d’un côté l’appui inconditionnel à la politique sanitaire au mieux irresponsable, au pire criminelle, des autorités françaises depuis le déclenchement de l’épidémie de coronavirus en mars 2020, de l’autre le dégagement d’une voie nouvelle pour permettre enfin la criminalisation et la psychiatrisation de la « pensée complotiste » et la « mouvance conspirationniste ». De manière plus locale, l’acharnement de la Miviludes et de son conseil d’orientation contre une personnalité très influente comme Thierry Casasnovas dans le domaine de la santé et du bien-être, est une excellente illustration de l’ambition totalitaire du régime républicain, qui entend contrôler sans qu’un mouton manque à l’appel tous les aspects de la vie des Français, de la naissance à la tombe : c’est exclusivement de ses prêtres que doit émaner la bonne parole, toute voix autonome et divergente devant être bannie ou pourchassée et écrasée sans états d’âme. La bride qui relie le cerveau du citoyen consommateur à l’État doit être solide et constamment tenue serrée, dans tous les domaines de la vie et de l’activité humaine, et ne saurait être parasitée par aucune autre forme d’influence. En cela nous commençons à entrevoir que cet État s’inscrit de manière de plus en plus ouverte dans une démarche globale d’embrigadement sectaire de toute la population.

C’est assez paradoxal si l’on songe que depuis bientôt 60 ans, avec le départ du général de Gaulle, ce qu’on pouvait encore appeler sans ambiguïté l’État français n’a jamais cessé de perdre en autonomie et en souveraineté, pour se réduire aux apparences d’une coquille vide, avec la délégation de son pouvoir à l’Europe de Bruxelles, l’OTAN, la banque centrale européenne et l’euro, la politique de régionalisation, l’ouverture de plus en plus large à l’immigration de masse, l’abandon progressif de tout ce qui s’apparente à la richissime culture française originelle, la délégation aux grands médias privés et pseudo publics de toute la production et la diffusion des informations et des divertissements, du lancement des fatwas et de la remise des récompenses, du magistère de la morale établissant ce qui est bien et ce qui est mal et persécutant ou récompensant en conséquence. Mais nous avons bien vu qu’il ne fallait pas confondre l’État français avec « l’État républicain », et qu’à mesure qu’on dépouillait le peuple français de sa souveraineté, l’État républicain s’est vu adjoindre avec le temps le concours de forces considérables qui lui permettent d’exercer sur les âmes et les corps un pouvoir dont les tant décriés souverains des temps jadis – jusqu’à Louis XIV lui-même ! – n’auraient jamais rêvé disposer : les médias privés, les GAFA, les communautés organisées, une justice aux ordres, devenue inquisitoriale à force d’infiltration et de noyautage par des magistrats pervers, véreux ou lâches : il existe bien une souveraineté forte qui s’exprime, qui ne la sent pas ? Mais c’est une souveraineté contre nature, comme si ce qu’on pourrait comparer au « cerveau » de la France avait été complètement colonisé et perverti par un parasite qui unirait à présent tout ce qui reste des fonctions régaliennes pour travailler au dépérissement final du « corps », en promouvant tous les agents pathogènes, traquant et éliminant tous les lymphocytes destinés à la défense immunitaire, tout en lui tenant du matin au soir un discours obsédant qui pourrait se résumer à « C’est pour ton bien… c’est pour ton bien… ». Et une partie croissante du corps sentant l’agonie s’approcher, des cellules corporelles de toutes natures, guidées par l’instinct de survie, se réveillent et sont en train de s’efforcer de changer de fonction, pour contrebalancer l’action désormais criminelle du cerveau contre le corps. Ces cellules sont mal armées, elles font ce qu’elles peuvent, elles ne disposent pas des facilités du centre de commandement, elles peinent à s’unir, sont facilement divisées et impitoyablement combattues par les incomparables moyens du cerveau sous contrôle du parasite.

François Belliot, août 2021

3 réponses sur “La composition du conseil d’orientation de la Miviludes”

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