La chronologie de la guerre en Syrie, de mars 2011 à nos jours

Préambule : la maltraitance de la chronologie de la guerre en Syrie par les médias

Parmi différentes raisons qui rendent très difficile, sinon impossible, pour le grand public, la compréhension du déroulement et des tenants et aboutissants de la guerre Syrie depuis son commencement en mars 2011, il y en a qui ressortissent à la maltraitance de la chronologie de cette guerre par les grands médias.

La chronologie n’est pas seulement l’instrument le plus simple et le plus primitif qui soit pour se faire une première vision d’ensemble correcte de tout événement, succession d’événements, guerre, époque historique, histoire d’une région, d’un pays, d’un empire, crise économique… il s’agit de la base de travail primaire irremplaçable pour toute personne qui se propose de mener une investigation historique dans quelque domaine que ce soit. Faussez la chronologie, et vous ferez disparaître le fil directeur à la fois des événements, et de leur interprétation.

Dans le cadre de la guerre en Syrie, la chronologie a été truquée de trois façons.

1) trucage des frises chronologiques : c’est le point de départ du volume 2 de mes chroniques sur la guerre en Syrie. Si les frises ont commencé à se raréfier à partir de l’assistance militaire russe directe à partir de septembre 2015, elles étaient très fréquentes les quatre première années. D’apparence neutre et didactique, leur fonction était cependant à l’évidence, d’appuyer la propagande anti Assad : « Ces chronologies, souvent publiées sous forme de frises, s’inscrivent dans le droit fil de tout ce que les médias publient depuis le début de la crise en mars 2011, à savoir qu’elles sont organisées et présentées de façon à donner l’impression à donner l’impression d’un irrésistible mouvement de libération de tout un peuple contre les dérives sanglantes d’un abominable dictateur. Elles ramassent ainsi tous les événements en un continuum dont l’aspect paraît très convaincant si l’on n’est pas conscient que le but inavoué ou naïf des auteurs de ces chronologies est de susciter l’indignation du lecteur en l’orientant vers une cible prédéterminée. » (p. 33)

2) les ruptures dans la chronologie : Imaginez un film dont vous ne verriez pas le début (la scène d’exposition), et dont vous ne verriez ensuite qu’une poignée de tranches de 2 minutes espacées de façon aléatoire entre 5 et 20 minutes. Même si à chaque passage de l’obscurité à l’image, un coryphée venait résumer et replacer le nouveau micro extrait dans son contexte, à la fin vous serez bien en peine d’avoir une compréhension d’ensemble satisfaisante. Sans même évoquer le fait qu’ayant payé votre place, vous écumeriez de rage dès la première coupure et quitteriez la salle pour vous faire rembourser. C’est un peu cela, le « film » de la guerre en Syrie dans les grands médias : une histoire parcellaire, avec des moments brefs de couverture médiatique massive, et des plages de temps souvent longues pendant lesquelles on n’en dit plus mot, des plages de temps pendant lesquelles la chronologie est rompue. Les médias ne peuvent certes pas parler de la guerre en Syrie tous les jours, mais il faudrait un minimum de continuité dans le traitement de cette actualité. Ces éclipses parfois très longues de l’actualité syrienne favorisent par ailleurs un oubli progressif et inéluctable dans l’opinion publique. Quand les images réapparaissent à l’écran, non seulement on ne comprend rien, mais on a presque tout oublié.

3) la falsification des faits et des événements : si au moins le coryphée se faisait un scrupule de rapporter fidèlement les épisodes passés manquants, et si les micro séquences projetées étaient véridiques, les médias disposeraient d’une petite excuse. Or non seulement ceux-ci proposent une vision fragmentaire des événements, mais quand ils se mettent à traiter leur actualité, c’est systématiquement pour mentir et induire les masses en erreur.

Prenons une autre comparaison. Dans le chapitre 1 de la Stratégie du choc, Naomi Klein raconte des méthodes de torture psychologique qui ont été inventées dans les années 1950 aux États-Unis, et largement mises en pratique un peu partout dans le monde depuis. Naomi Klein pointe essentiellement la loupe sur l’application de ces méthodes par les juntes militaires sud américaines soutenues par la CIA dans la deuxième moitié du XXème siècle.

Une de ces méthodes consiste en la mise en état de privation sensorielle sur des plages de temps longues et aléatoires, que l’on coupe soudain, sans prévenir, de déluges de stimuli sensoriels : par exemple le détenu est équipé d’un casque l’empêchant de percevoir jusqu’au bruit le plus ténu, et soudain on lui retire, et l’on fait retentir dans sa cellule, à toute force, un mélange de bruits horribles, fait de cris de bébé, de saccades de marteau piqueur, de trompettes et violons sonnant faux, de craies crissantes. Et puis, toujours sans prévenir, le silence complet revient, jusqu’à la prochaine surprise. Cette méthode de torture a pour but de rendre fous les détenus en les faisant régresser vers des états primaires de conscience. La comparaison est outrée mais éclairante : si, bien aidé par les explications du coryphée, le grand public de la série « Guerre en Syrie » (saison 8) peut avoir la vague impression de suivre un fil cohérent sur plusieurs années, en réalité les créneaux pendant lesquels on le surcharge d’actualité syrienne est tout aussi incompréhensible que le mélange de bruits horribles entendus soudain pour le détenu ordinairement soumis à la privation sensorielle.

L’objet de cet article est de proposer une chronologie sommaire mais utile de la guerre en Syrie depuis son commencement en mars 2011 à nos jours.

Je ne prétends pas que la séquence de sept années de guerre en Syrie soit facile à comprendre. C’est au contraire un conflit d’une rare complexité. Il faut forcément y consacrer plus de temps que la lecture du titre et du chapeau d’un article de propagande anti Assad le matin sur le zinc d’un bistrot avant de partir pour sa journée de travail. Maintenant si l’on ajoute à l’extrême complexité de l’événement le trucage systématique des événements des différents façons évoquées, il est beaucoup plus facile de comprendre pourquoi, à chaque fois que le sujet abordé, dans un cadre quotidien et informel, la réaction spontanée de la plupart des gens tient en une courte phrase : « je n’y comprends rien ». Cette incompréhension s’est même accrue avec le temps, dans la mesure où si les quatre premières années de la guerre la propagande antisyrienne a su conserver une forme de cohérence, à partir de septembre 2015 et le commencement de l’intervention militaire russe en Syrie, elle a elle-même perdu le fil de ses propres mensonges.

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2011

14 janvier – destitution en Tunisie de Zinedine Ben Ali, qui trouve refuge en Arabie saoudite.

11 février – fin du Printemps arabe en Égypte, avec l’annonce de la démission de Hosni Moubarak.

15 février – Début du Printemps arabe en Libye.

22 février – La Libye est suspendue des travaux de la Ligue arabe.

15 mars – Affaire des enfants de Diraa, qui auraient enlevés et torturés par le régime après avoir écrit sur des murs de la ville le tag « ton tour arrive docteur » (Bachar el-Assad est ophtalmologiste)

17 avril – huit membres des forces de sécurité sont égorgés dans une petite commune de la banlieue de Diraa (source , Bahar Kimyongür, Syriana p. 120&121)

8 mai – Dix policiers sont égorgés à Homs.

19 avril – Plusieurs officiers sont sauvagement massacrés. Trois enfants d’un général syrien sont achevés au sabre.

25 mai – Affaire Hamza el Khatib, adolescent qui aurait été enlevé et torturé par le régime qui devient une « icône » de la révolution syrienne.

7 juin – 120 militaires et policiers ont attaqués dans leur caserne à Jisr El-Choughour, à la frontière turco-syrienne, et décapités après avoir été assassinés.

Juin – Affaire Amina Arak Zaynab, jeune blogueuse lesbienne syrienne qui aurait été enlevée et torturée par le « régime ». Emballement médiatique Il s’avère en fait qu’il s’agit d’un homme étasunien adulte vivant aux États-Unis, Tom Mac Master, afin de passer plus facilement sur les débat internet sur le Proche-Orient.

Juin/octobre – la Turquie parraine une série de conférences de l’opposition syrienne.

20 octobre – Mort de Mouammar Kadhafi. Comme il prenait la fuite, son convoi a été bombardé, il a été saisi, lynché et sodomisé à la baïonnette. Son corps comme celui d’Oussama ben Laden a depuis disparu.

21 juillet – 13 soldats sont tués et 100 autres blessés lors d’affrontements avec des groupes armés à Homs.

Fin juillet – Affaire Zainab al-Hosni, jeune femme qui aurait été enlevé et torturée par le régime. Emballement médiatique. L’affaire se dégonfle le 5 octobre avec sa réapparition vivante à la télévision syrienne.

29 juillet – Des groupes « rebelles » forment l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui adopte pour drapeau celui du mandat français en Syrie (1920-1946).

7 août – L’Arabie Saoudite, le Bahreïn, et le Koweït, rappellent leurs ambassadeurs.

17 août – La Tunisie, maintenant « amie de la Syrie » rappelle son ambassadeur.

18 août – Barack Obama appelle Bachar el-Assad à se retirer du pouvoir, et promet des sanctions très dures. Sarkozy, Merkel, et Cameron, dans une déclaration commune font de même.

12 septembre – la télévision syrienne annonce la mort de six militaires.

2 octobre – Fondation du Conseil National Syrien à Istanbul. Les Frères musulmans, ennemis de toujours du pouvoir syrien, y sont majoritaires.

4 octobre – Pour la première fois depuis de le début de la crise, un projet de résolution est déposé à l’ONU pour soumettre la Syrie à une série de mesures ciblées. Veto de la Russie et de la Chine.

10 octobre – Le CNS est reconnu comme seul instance représentative du peuple syrien par le gouvernement français « ami de la Syrie ».

13 octobre – dix soldats sont tués dans une embuscade tendus par des terroristes armés à Banach dans le gouvernorat d’Idlib. 19 autres grièvement blessés.

20 septembre – Erdogan annonce la rupture des relations diplomatiques entre la Turquie et la Syrie.

12 novembre – La Syrie est suspendue de la Ligue arabe (18 voix sur 22) : votes contre : Algérie, Liban, Yémen. Abstention : Irak.

29 novembre – L’ASL reconnaît l’autorité du CNS.

24 décembre – Entrée en Syrie de la mission des observateurs de la Ligue arabe, composée de 166 observateurs provenant de 13 pays arabes et de quatre ONG arabes concernées, dont la mission est de faire état de la situation sur le terrain.

2012

18 janvier – La mission des observateurs de la Ligue arabe rend son rapport. L’impression d’ensemble est nettement favorable aux autorités syriennes.

18 janvier/11 février : bataille de Zabadani. Après avoir été prise par les « rebelles », la ville est reprise par l’armée syrienne.

28 janvier – La Ligue arabe suspend la mission des observateurs, et ses dirigeants, à rebours des faits rapportés dans le rapport présenté à l’ONU le 24 janvier, se justifient en arguant de la recrudescence des violences qu’ils imputent à l’armée syrienne.

2 février – « Massacre » de Homs. 200 morts dont 99 femmes et enfants selon l’OSDH. Unanimement imputé au régime par les médias.

4 février – Nouveau projet de résolution contre la Syrie. Nouveau veto de la Russie et de la Chine.

6 février – Les USA ferment leur ambassade à Damas.

26 février – Adoption par la République arabe syrienne, après referendum, d’une nouvelle constitution, permettant à d’autres partis que le Baath de se présenter aux élections législatives

27 mars – Le plan de sortie de crise en six points de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan est accepté par la Syrie.

14 avril – Résolution 2042 de l’ONU votée à l’unanimité, prévoyant l’application du plan Annan, une mission « MISNUS » de 200 inspecteurs doit aller mener des inspections sur place.

6 mai – Le parti Baath remporte les élections législatives, y participent pour la première fois des partis de « l’opposition intérieure ».

25 mai – « massacre » de Houla, imputé au « régime syrien ». False flag érigé en casus belli par les « amis de la Syrie ».

6 juin – « massacre » de Koubeir, imputé au « régime syrien »

27 juin – L’ONU rend son rapport sur la crise en Syrie. Expression de « bataille » employé pour la première fois, sur « plusieurs fronts ». Pour Houla, l’ONU se déclare incompétente mais restitue un scénario qui contredit la version officielle des premières heures

30 juin – Négociations de Genève 1. Les « amis de la Syrie » ne parviennent pas à entériner le départ de Bachar el-Assad et la mise en place d’un processus de « transition démocratique ». L’Iran exclu des débats par les « amis de la Syrie ».

13 juillet – « Massacre » de Treimsah imputé aux « régime » syrien

18 juillet – Un attentat à la bombe décapite l’état major syrien. Quatre hautes personnalités syriennes succombent, parmi lesquels le beau-frère de Bachar el-Assad.

19 juillet – Nouveau projet de résolution de l’ONU contre la Syrie déposé par les « amis de la Syrie ». Veto de la Russie et de la Chine.

2 août – Démission de l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, remplacé par le diplomate algérien Lakhdar Brahimi.

16 août – La Syrie est suspendue de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI). Seule l’Iran vote contre.

18 août – En visite dans un camp de réfugiés syriens à la frontière syro-turque, Laurent Fabius prononce la phrase devenue célèbre : « Bachar el-Assad n’a pas le droit d’être sur la terre ».

19 août – Fin de la mission de la MISNUS, en considération des risques énormes encourus par ses inspecteurs.

20 août – Discours d’Obama mettant en garde contre l’usage d’armes chimiques (première évocation publique de l’expression) en Syrie, qualifié de « ligne rouge ». Vives protestations des alliés de la Syrie.

26 août – « massacre » de Daraya. 300 morts selon les « rebelles ». Photos et vidéos de victimes. 440 morts selon l’OSDH. Imputé médiatiquement au « régime syrien ». Ce massacre dans tous les cas entraîne l’exode de la population civile.

Novembre – la CIA commence à entraîner des « rebelles » en Jordanie et en Turquie

18 novembre – Les rebelles prennent le contrôle de l’une des plus importantes bases militaires syriennes dans le nord du pays

12 décembre – Avec la plupart des pays arabes « amis de la Syrie », Laurent Fabius regrette que le front al-Nosra ait été placé par les USA sur la liste des organisations terroristes, eu égard au « bon boulot » qu’ils font sur place.

2013

11 janvier- Les « rebelles » (al Nosra, Ahrar el Cham, ASL) s’emparent de la base aérienne de Taftanaz dans le nord du pays (province d’Idlib)

14 février – le front al Nosra s’empare de la ville d’al-Chaddadeh, au sud de Hassaké

3 mars – les « rebelles » s’emparent de Racca. C’est la première capitale de gouvernorat à tomber.

19 mars – Premier massacre chimique dans le village de Khan el Assal. 25 morts et 110 intoxiqués. Commis par le front al Nosra, il est étouffé par les grands médias. La Syrie demande en premier une mission d’inspection pour faire la lumière sur cette affaire et d’autres d’usage d’armes chimiques par les « rebelles »

19 mai – Armée régulière et Hezbollah reprennent la ville stratégique de Qousseir, infligeant aux rebelles près de 500 morts et 1000 blessés.

juin à juillet – Reconquête presque intégrale de la ville de Homs.

23 juin – Reprise de Tel Kalakh sans combats, après deux ans d’occupation par les groupes armés.

25 juin 2013 – l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifi al Thani, démissionne en faveur de son fils Tamim ben Hamad al Thani, âgé de 33 ans.

16 juillet – Forces kurdes et YPG chassent le front al Nosra de la ville de Ras al Aïn.

22 juillet – Second massacre de Khan el Assal. Les survivants du premier massacre et des soldats sont massacrés à leur tour par le front al Nosra. Couverture médiatique très discrète et atténuante en Occident.

4 août – Massacres dans 11 villages des environs des hauteurs de Lattaquié, 190 civils tués, 200 enlevés. Rapport très sérieux et accablant de Human Rights Watch. Entièrement ignoré par les grands médias.

18 août – Arrivée à Damas de la mission d’inspection demandée par la Syrie quatre mois plus tôt pour faire la lumière sur différents massacres chimiques perpétrés par des « rebelles ».

21 août – Tir à l’arme chimique dans la banlieue de Damas. Version officielle : 1300 morts et 10000 blessés. Immense pression médiatique et politique des « amis de la Syrie ».

9 septembre – Prise de Maaloula par des combattants d’al Nosra et « rebelles », vandalisations, profanations.

11 septembre – Publication du rapport de l’ISTEAMS (organe syrien), démontrant que les enfants figurant sur les tas de cadavres et dans les vidéos ont été manipulés à des fins de mise en scène. Des parents reconnaissent sur les vidéos leurs enfant enlevés le 4 août lors du massacre de Lattaquié. Silence médiatique total.

14 septembre – accord sur les armes chimiques : adhésion à l’OIAC de la Syrie, qui accepte la destruction intégrale de son stock d’armes chimiques (1200 tonnes) sous la supervision de l’OIAC.

11 octobre – L’OIAC reçoit le prix Nobel de la paix.

septembre/octobre  – Affrontements entre l’ASL (al Nosra et consorts) et l’EI. Début de la guerre civile entre les groupes armés anti Assad.

Octobre – Parution du rapport de HRW sur les massacres de Lattaquié du 4 août, accablant pour les « rebelles ». Recension médiatique inexistante.

8 décembre – Le prix Pulitzer Seymour Hersch publie dans la London Review of books un article exposant que le renseignement étasunien s’est appuyé sur des preuves trafiquées pour accuser le « régime » syrien d’être derrière le massacre chimique. Très faible écho médiatique, ou alors portrait au caca fumant de Hersch et de ses méthodes

18 décembre – Parution du rapport de l’ONU sur l’usage d’armes chimiques en Syrie. La plupart des cas présentés par le « régime » sont jugés crédibles, la plupart de ceux présentés par les « amis » de la Syrie non crédibles. Les médias annoncent cependant mensongèrement que l’ONU reconnaît la responsabilité du régime dans le massacre du 21 août.

2014

3 janvier – Offensive du Front Islamique, du front al Nosra, et du front révolutionnaire syrien contre l’EI, chassé d’Alep et du gouvernorat de Deir-ez-zor

4 janvier – (Irak) plusieurs quartiers de Ramadi sont pris par les insurgés, et la ville de Faloudjah est prise.

14 janvier – Publication du « rapport du MIT », de Theodore Postol et Richard Lloyd, étude balistique établissant que l’armée syrienne n’était pas en état de projeter des roquettes Grad modifiées dans les zones « rebelles » de la Ghouta ciblées par les tirs le 21 août 2013. Silence médiatique quasi total.

14 janvier (bis) – Publication du « rapport des avocats turcs » sur les violations des droit de l’homme en Syrie par les groupes « rebelles ». Enquête exposant le circuit par lequel les rebelles d’al Nosra ont pu se procurer du gaz sarin et des experts par des réseaux turcs proches de Erdogan. Silence médiatique total.

22 janvier – Négociations de Genève 2. Objectif : accorder les représentants du CNS avec le pouvoir syrien. Dissensions profondes dans le CNS. Faille exploitée par la Syrie. L’Iran exclu à la demande des « amis de la Syrie ».

26 février – Au nord est de Damas, des combattants du Hezbollah tendent une embuscade et tuent 150 à 200 rebelles.

28 février – Les combats inter-rebelles ont fait 3300 morts.

mars 2014 – Première bataille du Qalamoun, reprise de Zara, de Yabroud.

19 mars – Les rebelles de l’ASL s’emparent de la prison de Diraa.

20 mars – Reprise du krach des chevaliers.

31 mars – Affrontements entre EI et al Nosra. EI prend la ville de Markada après 10 jours de combats, au prix de 120 mots de part et d’autres

9 avril – Reprise de la ville de Rankhous

4 avril – Seymour Hersch publie son second article sur le massacre chimique du 21 août 2013 enfonçant le clou par rapport au précédent. Erdogan incriminé. Silence médiatique total.

14 avril – Reprise de Maaloula

21 avril – Les autorités syriennes annoncent la tenue de l’élection présidentielle.

7 mai – Les rebelles chassés définitivement de Homs, un accord est passé et 2000 à 2500 djihadistes peuvent fuir la ville.

31 mai – Démission de Lakhdar Brahimi, envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie

mai – Offensive de l’EI dans le gouvernorat de Deir ez-Zor

3 juin – Réélection de Bachar el-Assad à la présidence de la République syrienne avec 87,6 % des voix. Les médias dénoncent unanimement une parodie de démocratie. Hollande à 18 % dans les sondages au même moment.

Juin – Vaste offensive de l’EI dans le nord de l’Irak, bataille de Mossoul du 4 au 10 juin, prise de la ville et de l’ensemble et de la province de Ninive, 670 prisonniers chiites de la prison de Badouch sont massacrés.

11 juin – (Irak) l’EI prend le contrôle de la plus grosse raffinerie de pétrole d’Irak, celle de Baiji, prise par ailleurs de Tikrit, fief historique de Saddam Husseïn.

16 juin – L’OIAC publie son rapport sur l’utilisation de bombes chlorées, pratique dont l’armée syrienne est régulièrement accusée depuis septembre 2013. Aucune accusation contre le « régime ». Couverture médiatique biaisée et trompeuse.

24 juin – L’OIAC annonce, six jours avant la date butoir fixée à la Syrie, que la totalité de l’arsenal chimique syrien a été démantelé et transporté hors du pays pour y être détruit..

29 juin – L’EI annonce le rétablissement du Califat, Abu bakr el Bagdhadi s’autoproclame Calife, l’EIIL devient l’EI. Le même jour, l’Ayatollah al Sistani (Irak) prononce une fatwa exhortant les Irakiens à prendre les armes contre l’EI. Des dizaines de milliers de combattants chiites (Hachd el Chaabi) répondent à son appel.

8 juillet- En rétorsion de l’assassinat de trois jeunes juifs, le premier ministre israélien Netanyahou lance l’opération Bordure de Protection. 2100 morts et immenses destructions. Condamnations très molles et de pure forme à l’internationale.

10 juillet – Staffan de Mistura est nommé envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, en remplacement de Lakhdar Brahimi. A la différence de Brahimi et Annan, il représente seulement l’ONU et plus la Ligue arabe

14 juillet – Le gouvernorat de Deir-ez-zor entièrement sous contrôle de l’EI qui en a chassé le front al Nosra, l’ASL, le front islamique.

17 juillet – L’EI s’empare du champ pétrolier d’al Chaer près de Palmyre. 300 personnes sont exécutées.

Juillet/août – Les dernières positions de l’armée syrienne dans le gouvernorat de Racca sont prises.

9 septembre – Attentat de l’EI contre Ahrar el Sham (« rebelles »), 47 dirigeants de l’organisation, dont son chef, sont tués.

16 septembre – Offensive de l’EI sur la ville de Kobané, à la frontière syro-turque.

20 septembre – Mise en place d’une coalition internationale contre l’EI, elle compte 40 pays, dont tous les « amis de la Syrie ». Début des frappes aériennes  contre l’EI en Irak puis sur la frontière syro turque (Kobané).

fin août – Les « rebelles » d’al Nosra et consorts (front islamique) reprennent le couloir de Quneitra, la vile de Nawa, attaque du gouvernorat de Dirra et de Quneitra.

2015

26 janvier – L’EI est chassé de Kobané. La bataille de Kobané a entraîné la destruction de 80 % dela ville, suites de 700 frappes aériennes, 40 attaques suicide. Selon l’OSDH, l’ensemble de la bataille a fait 475 morts du côté YPG et ses alliés, 1091 jihadistes tués

8 février – Hollande reçoit à l’Elysée une délégation du PKK et des YPG (kurdes), grande première.

25 février – Voyage de quatre parlementaires français à Damas. Favorables à une révision de la politique étrangère de la France, ils subissent un lynchage médiatique.

Fin février – Les forces kurdes reprennent la ville de Tall Hamis, situé à l’est d’Hassaké tenue par l’EI.

25 mars – avec une coalition d’une dizaine de pays sunnites, l’Arabie Saoudite lance l’opération Tempête décisive au Yémen, sous la direction du ministre de la Défense Mohammed Ben Salmane. Immenses destructions. Des dizaines de milliers de Yéménites vont périr dans l’indifférence complète des « amis de la Syrie ».

18 mai – Daech s’empare de Ramadi, ville stratégique au nord est de Bagdad.

24 mars – Un front de rebelles appelé l’armée de la conquête (jaysh el Fatah), soutenue par Turquie, le Qatar, Arabie Saoudite, comprenant 30000 soldats, prend la ville d’Idleb.

25 mars – Les « rebelles » (non EI) s’emparent de la ville de Bosra.

23 avril – Prise de Jisr al-Choughour

6 mai – Début de l’offensive conjointe du Hezbollah et de l’armée syrienne contre les bastions rebelles du Qalamoun.

21 mai – L’EI s’empare de Palmyre.

28 mai – Avec la prise d’Ariha, les rebelles tiennent presque tout le gouvernorat d’idleb.

fin mai – L’Iran décide d’envoyer un renfort de 7000 combattants à Damas, l’armée syrienne change de stratégie en concentrant ses troupes sur quelques fronts intérieurs et en délaissant ceux qui sont intenables et entraînent trop de pertes

14 juin – Le blocus de Kobané est brisé grâce aux frappes de la coalition internationale contre l’EI.

16 juin – Kurdes YPG plus éléments ASL reprennent la ville de Tal Abyad à la frontière turque, point de passage des djihadistes, gros revers stratégique pour l’EI.

21 juin – Fin de la Seconde bataille du Qalamoun, victoire hezbollo-syrienne

4 juillet – Hezbollah et armée syrienne reprennent Zabadani dans la Qalamoun, dernier bastion de Ahrar el Sham dans la région.

16 août – « massacre » de Douma, 100 morts et 200 blessés. Mise en scène et tralala habituel.

9 septembre – Les « rebelles » s’emparent de la base aérienne d’Abou Douhour.

28 septembre – Bachar el-Assad demande officiellement à la Russie de lui fournir son assistance militaire, en vertu des accords de défense liant les deux pays.

21 août – Attaque d’un train Thalys (Paris-Bruxelles) par un loup solitaire « islamiste ». Hollande déclarera par la suite que c’est cet épisode qui l’a décidé à engager l’armée française dans des frappes militaires en Syrie aux côtés de la coalition internationale.

2 septembre – le petit Aylan Kurdi est retrouvé mort sur une plage. La photo du petit cadavre à demi immergé sur la plage fait le tour du monde, afin de susciter un élan de compassion envers le flot de migrants en train de se déverser sur l’Europe.

21 septembre – voyage de Netanyahou à Moscou, les deux pays conviennent d’un mécanisme pour éviter toute bavure entre l’armée russe et l’armée israélienne.

27 septembre – Premières frappes françaises en Syrie.

28 septembre – Assemblée générale de l’ONU, Vladimir Poutine y fait un discours qui soulève une tempête d’applaudissements dans le camp des pays du tiers monde.

30 septembre – Début de la campagne de frappes aériennes russes en Syrie, suite à une demande formulée par la Syrie, en vertu d’accords de coopération militaire

2 octobre – Rencontre Hollande, Merkel, Poutine, Porochenko à Paris, discussion sur l’Ukraine, pour l’application des accords de minsk 2

7 octobre – Parution du livre anti Assad de Garance le Caisne, « opération César », relatant l’affaire César, qui avait déjà été agitée avant Genève 2 par « l’opposition syrienne ». Médiatisation massive et favorable en France.

10 octobre – Attentat suicide à Ankara, deux explosions, 97 morts et 246 blessés.

20 octobre – Les USA et la Russie signent un memorandum visant à prévenir les risques d’incidents aériens.

21 octobre – Bachar el-Assad reçu à Moscou.

31 octobre – Un airbus de la compagnie russe Metrojet explose en vol, attentat revendiqué par l’EI, 224 morts.

1er novembre – Erdogan reconquiert une large majorité au parlement.

12 novembre – Double attentat suicide à Beyrouth (quartiers chiites), 49 morts et 200 blessés

13 novembre – Attentats de Paris, 129 morts et 359 blessés. Timides appels du pied de certains politiques français pour revoir la politique étrangère de la France.

24 novembre – Un avion russe est abattu au sud du Hatay (nord-ouest de la Syrie), grave incident diplomatique. Tout rapprochement de la France avec la Russie est désormais exclu. La Russie établit en riposte unilatéralement une « no fly zone » dans le nord de la Syrie.

26 novembre – Rencontre entre Hollande et Obama à Paris, ultime rencontre au plus haut niveau pour Hollande après avoir successivement rencontré Cameron, Obama, Merkel.

10 décembre -Formation à Riyad du Haut Comité des Négociations (HCN), qui permet la recomposition du groupe de l’opposition qui doit prendre part aux négociations de Genève. Pour la première fois des brigades de combattants sur le sol syrien intègrent la structure dirigée par le félon Riyad Hijab (il avait trempé dans l’opération du 18 juillet 2012).

19 décembre – Le conseil de sécurité adopte à l’unanimité la résolution 2254 un plan de sortie de crise en Syrie. Sont évoquées également la formation d’un gouvernement de transition dans le six mois, et l’organisation de nouvelles élections dans les 18 mois.

Décembre – Les forces loyalistes reprennent entièrement Homs

2016

17 janvier – Offensive de l’EI sur Deir ez Zor, 400 civils enlevés, 185 tués. l’EI s’empare de la moitié de la ville. 85 civils et 50 militaires sont exécutés.

28 janvier – début des négociations de Genève 3. Le HCN est désormais l’interlocuteur de Damas.

3 février – Suspension pour trois semaines des négociations. Le HCN proteste contre le fait que l’armée syrienne poursuit ses assauts contre Alep. Le pouvoir syrien pointe la saisie d’un prétexte pour éviter d’avoir à assumer un échec couru d’avance.

27 février – Accord entre les USA et la Russie sur un cessez-le-feu dans le pays.

13 mars – Accord UE/Turquie sur la gestion des « flux » de « migrants »

12 mai – Le cessez-le-feu expire à Alep, frappes intenses de l’armée syrienne dans la Ghouta.

17 mars – Les USA annoncent la construction d’une seconde base militaire en territoire kurde syrien, au sud est de Kobané.

13 mai – Le commandant militaire du Hezbollah est tué dans une explosion en Syrie, près de l’aéroport de Damas

10 juin – L’axe de ravitaillement de l’EI entre la Syrie et la Turquie est coupé par l’armée syrienne.

13 juillet – Theresa May devient Premier Ministre d’Angleterre en remplacement de David Cameron, qui prend acte du vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union Européenne (brexit).

15 juillet – Tentative de coup d’état en Turquie. Purges dans l’armée et l’administration. État d’urgence décrété pour trois mois, et prolongé le 9 octobre pour trois mois supplémentaires. Retournement d’alliance de la Turquie qui commence à tourner du côté de la Russie.

28 juillet – Le front al Nosra change de nom et devient Jabhat fateh al sham, ils déclarent être désormais séparés d’al Qaida… Il s’agit d’éviter d’entrer dans la liste des organisations considérées comme terroristes, ce à quoi consent publiquement cette dernière.

9 août – Rencontre Poutine/Erdogan à Moscou, après neuf mois de brouille.

15 août – L’Iran autorise la Russie, à la demande de la Syrie, d’utiliser l’une de ses bases militaires.

17 août – Début de violents combats entre armée syrienne et forces kurdes à Hassaké, dans le nord est de la Syrie.

18 août – Mise en scène par les « casques blancs » d’Alep de l’extraction spectaculaire des décombres du « petit Omrane », dont la photo touchante fait le tour du monde. Le « régime » syrien unanimement désigné comme le coupable barbare.

19 août – visite d’Erdogan en Iran.

21 août – Attentat suicide contre un mariage en Turquie, à Gaziantep, c’est l’attentat le plus meurtrier après un an de série d’attentats.

22 août – Les USA transmettent un communiqué au gouvernement légitime de la Syrie et à la coalition anti-terroriste essentiellement russe qui assiste les Syriens. Ce communiqué fait savoir que les USA ont prélevé à leur usage une bande du territoire syrien, qu’ils entendent occuper militairement en y maintenant des troupes en service actif, des forces d’opérations spéciales, des conseillers, des mécaniciens et des unités de soutien ; ils décrètent également une zone d’exclusion aérienne (« no fly zone ») et avertissent qu’ils abattront tout avion syrien ou russe qui survolerait cet espace réservé.

24 août – La Turquie lance l’opération « bouclier de l’Euphrate » pour attaquer en Syrie des kurdes et des djihadistes de l’EI dans la ville frontalière de Jarablos. Vives protestations de la Syrie.

25 août – Trêve humanitaire de 48 heures à Alep, pour acheminer de la nourriture des deux côtés de la ville/ prévision de réparer la centrale électrique.

25 août – Reprise de la ville de Daraya. Terroristes avec leurs familles transférés dans la province d’Idlib.

26 août – accord entre Damas et Moscou pour le déploiement, pour une durée indéterminée, des forces aériennes russes sur la base de Hmaimin.

27 août – L’armée syrienne reprend la ville de Deraya.

début septembre – Un F16 israélien est abattu par la DCA syrienne.

17 septembre – Un bombardement de la coalition internationale US tue 80 soldats syriens sur une colline stratégique surplombant l’aéroport de Deir ez zor, position aussitôt reprise par l’EI

19 septembre – Destruction d’un convoi humanitaire à Alep est, coup de grâce du cessez-le-feu, surmédiatisé en occident comme étant une exaction russe.

22 septembre – Graves accusations de Kerry contre Lavrov pour l’attaque du convoi humanitaire

1er octobre – Erdogan révèle que l’opération bouclier de l’Euphrate (qui vise à empêcher les FDS de fonder un état kurde à la frontière turque) a été décidée un mois plus tôt suite à l’attentat de Gaziantep

10 octobre – Trêve humanitaire décrétée par la Syrie et la Russie à Alep. Elle dure 3 jour et n’est pas efficace.

15 octobre – rencontre Lavrov Poutine en Suisse

17 octobre – Début de la bataille de Mossoul (Irak), frappes massives et non discrimées de la coalition internationale anti EI.

25 octobre – Raids syro russes dans la provinces d’idleb, bastion de Jaych el Fatah. Ashton Carter, le secrétaire américain à la défense a déclaré que l’offensive [des FDS] sur Racca commencerait les prochaines semaines. Il déclare que la Turquie est bienvenue pour y participer. La Turquie demande officiellement aux USA d’exclure les forces kurdes de la prise de Racca.

27 octobre – Erdogan annonce son intention de faire marcher l’ASL (il en contrôle au moins la faction Ahrar el cham) sur Racca.

2 novembre – Pause humanitaire à Alep décrétée par les Russes, d’une durée de dix heures

6 novembre – Les Forces Démocratiques Syriennes, FDS, annoncent le début de l’offensive contre Racca. Cela fait suite aux déclarations de la Turquie, qui elle aussi souhaite s’attaquer à Racca à l’aide des rebelles arabes qu’elles a utilisés pour sécuriser sa frontière entre Azaz et Jerablous. Le but principal de la Turquie est d’empêcher les kurdes de faire la jonction entre les différents territoires sous la forme de ce qu’ils appellent le « Rojava ». Le YPD compte sur le soutien des USA en promettant de marcher sur Racca. Depuis le printemps 2015, les FDS ne sont qu’à une trentaine de kilomètres de Racca

8 novembre – offensive majeure de l’armée syrienne à Alep-ouest.

9 novembre – Des positions de l’armée syrienne visées par les avions israéliens près de Quneitra.

Progression dans la province de Homs.

10 novembre – La Russie rejette comme contre-productive la résolution de l’ONU visant à introduire des trêves plus longues en Syrie

10 novembre – Libération de la ville de Zahouiya à l’ouest d’Alep. Opérations militaires victorieuses dans Rif Damas et la Ghouta-est. Il s’agit maintenant de se rapprocher de la ville de Douma, bastion des terroristes et « capitale » de la Ghouta.

19 décembre – Assassinat à Istanbul de l’ambassadeur russe en Turquie Andrei Karlov, par un policier turc.

25 décembre – Un avion militaire transportant 60 chœurs de l’Armée rouge, qui devaient participer au réveillon sur la base russe de Hmeimim, s’abîme en mer noire. Aucun survivant. Aucune polémique ni aucune répercussion géopolitique.

2017

20 janvier – Donald Trump intronisé président des USA

23 janvier – Fin de la conférence d’Astana. Accord entre la Russie, la Turquie, et l’Iran pour créer un mécanisme de mise en œuvre de surveillance du cessez-le-feu en vigueur en Syrie depuis le 30 décembre. Pour la première fois gouvernement syrien et opposition armée se trouvent réunis à la même table. L’opposition syrienne mécontente de ses résultats et fragilisée. A cette date on peut dire que le CNS n’existe plus.

8 février – l’armée turque avec ses alliés de «l’opposition syrienne » prend la ville d’al Bab et coupe ainsi la bande kurde frontalière qui allait faire jonction et constituer un embryon d’état.

17 février – Les cadres de l’EI quittent Racca.

20 février – Mort soudaine à New York de l’ambassadeur de la Russie à l’ONU, Vitali Tchourkine.

22 février – Reprise de la plupart des régions avoisinant l’aéroport de Mossoul.

23 février – Libération totale de l’aéroport de Mossoul par les forces irakiennes.

23 février/ 3 mars 2017 – Négociations de Genève 3, faisant suite à la conférence d’Astana

18 mars – Évacuation totale des derniers « rebelles » de Homs avec leurs familles vers la province d’Idlib.

4 avril – Massacre chimique de Khan Chaykhoun près d’Idlib. 50 morts dont 30 femmes et 20 enfants. Unanimement imputé au « régime syrien ». Copier/coller caricatural de tous les massacres sous faux drapeau antérieurs.

7 avril – En représailles, les États-Unis bombardent avec la France la base aérienne de Chayrat. 59 missiles tomahawks sont lancés, la plupart interceptés, dégâts et pertes humaines très légers.

4 mai – Accord d’Astana entre la Russie, l’Iran, et la Turquie, sur la création de quatre « zones de désescalade », concernant la province d’Idlib et des réduits rebelles du côté de Lattaquié, Hama, Diraa, Ghouta de Damas

7 mai – Élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française.

4 juin – l’Arabie saoudite, le Bahreïn, le Yémen, les Émirats Arabes Unis, et l’Égypte, rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l’accusant de soutenir les groupes terroristes et de se montrer trop complaisant envers l’Iran.

21 juin – Mohammed Ben Salmane, à 31 ans, est nommé prince héritier du royaume d’Arabie Saoudite, en replacement de Mohamed Ben Nayef. Purges massives parmi les autres « princes » pour asseoir son pouvoir.

17 octobre – Les FDS s’emparent de la ville de Racca (contre l’EI).

22-25 novembre – Conférence de Riyad réunissant presque tout le spectre de l’opposition syrienne.

24 novembre – Les troupes syriennes et les Hachd el Chaabi irakiens opèrent leur jonction à la frontière syro-irakienne, après la libération de la ville d’Abu Kamal.

2018

18 février – Vaste et décisive offensive de l’armée syrienne en direction de la Ghouta orientale

7 avril – « Massacre chimique » au chlore dans la ville de Douma, dernier bastion des « rebelles » dans la Ghouta. Massacre imputé au « régime syrien » mais mis en scène par les « casques blancs ».

14 avril – L’armée syrienne annonce avoir repris l’intégralité de la Ghouta (banlieue est de Damas).

8 mai – Les USA annoncent leur retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran.

9 juillet – L’armée syrienne reprend l’intégralité de la province de Diraa. Prise hautement symbolique, cette ville à la frontière jordanienne était le « berceau » de la révolution.

17 septembre – Accord russo-turc pour la création d’une zone-tampon de 15-20 km sur le front séparant l’armée syrienne de la province d’Idlib.

18 septembre – En voulant échapper à des tirs de batteries anti aériennes S 200, des F16 israéliens en mission de bombardement en Syrie, s’abritent derrière un avion Iliouchine 20, qui est abattu avec 15 hommes à bord. Annonce de la livraison de batteries antiaériennes S 300, et d’une interdiction de survol des chasseurs israéliens dans les ciels libanais et syrien.

2 octobre – Disparition du journaliste saoudien Jamal Kashogi au consulat d’Arabie saoudite en Turquie. Pour la première fois réactions vives réactions internationales d’États « amis » dénonçant la dérive autoritaire de MBS et les horreurs de l’agression saoudienne contre le Yémen.

14 octobre – réouverture du principal poste frontière avec la Jordanie, après trois ans de fermeture, cette réouverture est rendue possible par la reprise de la région un mois plus tôt par les forces syriennes et russes. La zone était contrôlée depuis non par les Jordaniens, mais par des rebelles qui se livraient à des pillages. Les deux pays espèrent que cette réouverture va permettre de relancer l’économie.

20 octobre – les USA et la Russie signent un memorandum visant à prévenir les risques d’incidents aériens. démission d’Avigdor Liebrmann, en protestation du cessez-le-feu signé avec le Hamas suite à l’échec d’un commando israélien dans la bande de Gaza.

28 octobre – L’armée turque bombarde des unités kurdes du YPG à l’ouest de Kobané (frontière syro turque)

13 novembre – démission du ministre de la défense israélien de la défense Avigdor Lieberman, en protestation de l’accord de cessez-le-feu signé par Netanyahou avec le Hamas.

novembre – le pouvoir syrien se déclare qu’il se félicitera de toute mesure prise par un un état arabe pour reprendre les relations diplomatiques.

Fin novembre – Geir Pedersen, est nommé émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, en remplacement Stéphane da Mistura.

16 décembre – le président du Soudan Omar el-Bechir est le premier leader arabe à se rendre en Syrie depuis le début de la guerre. Il a déclaré sur place qu’il espérait que la Syrie allait recouvrer sa vitalité et son rôle dans la région le plus tôt possible, et que son peuple sera capable de décider lui-me du futur du pays sans ingérence étrangère.

19 décembre – Donald Trump annonce le retrait des forces américaines en Syrie, retrait de 2000 soldats au motif que Daech serait vaincu. Réactions indignées de l’establishment étasunien et des élites occidentales.

21 décembre – démission du secrétaire à la défense James Mattis, qui avait commandé ‘invasion de l’Irak en 2003. Il plaidait en faveur du maintien des forces US dans le nord-est du pays. Il déclare ne plus pouvoir être en mesure de travailler avec Trump. Ce départ fait complète celui de deux autres hommes clés du dispositif, John Kelly et H R Mc Caster.

27 décembre – visite éclair de Donald Trump en Irak, la première depuis le début de son mandat ; opération de communication destinée aux soldats américains qui pourraient se sentir démoralisés suite à la décision de la semaine précédente. Il a également précisé que les troupes américaines allaient demeurer sur le sol irakien, pour se garder une base aérienne propre à frapper efficacement l’EI, et à limiter l’influence de l’Iran.

27 décembre – les Émirats arabes unis, proche allié de l’Arabie saoudite, rouvrent leur ambassade à Damas. Rappel, ce pays mène avec d’autres l’embargo contre le Qatar avec lequel ils ont coupé leur relations diplomatiques le 4 juin 2017.

28 décembre – l’Arabie saoudite informe les autres pays arabes qu’elle ne voit pas d’objection à la réintégration de la Syrie en tant que membre de la ligue arabe.

28 décembre – l’armée syrienne prend pied près de la ville de Manbij, après un appel des forces kurdes. Elles ne pénètrent pas à l’intérieur de la ville où se trouve une base américaine. Déclaration d’Erdogan très importante à ce propos : « « Dans la situation actuelle, nous continuons de soutenir l’intégrité du territoire syrien. Ces zones appartiennent à la Syrie. Une fois que les organisations terroristes auront quitté la zone, nous n’aurons plus rien à faire là-bas ».

28 décembre – annonce de la tenue d’un sommet qui réunira Erdogan, Poutine, et Rohani, en Russie début 2019. Ce sommet s’inscrit dans le processus d’Astana initié en janvier 2017, qui réunit des représentants de Damas et de l’opposition.

2019

6 janvier – les kurdes présentent un plan de transfert des territoires à Damas. Une délégation YPG conduite par leur commandant en chef, Sipan Hemo, s’était rendu quelques jours après la déclaration de Trump, sur la base russe de Hmeymin, puis à Damas et à Moscou. Objet : passer le contrôle de la frontière syro turque à l’armée syrienne, avec la garantie de la Russie.

8 janvier – la police militaire russe patrouille dans les rues de Manbij

12 janvier – la coalition internationale contre Daech annonce le retrait des troupes US en Syrie, annonce faite par Sean Ryan, colonel porte parole de la coalition antijihadiste.

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